Il fait encore si froid par instants, le vent qui coupe et s'il se mettait à neiger, ce serait comme s'il pleuvait du sel.
Il fait encore si froid que le vent coupe et la coupure à la jointure des phalanges brûle et tire comme si elle était mangée par le sel.
Ne pas voir le rapport, mais se dire c'est ainsi, ça l'a toujours été, on a toujours été un peu égoïste, on s'en est toujours défendu, par des attitudes promptes à démentir cette vérité coupante comme un vent de cristaux de sel.
Ne pas répondre quand on ne sait pas quoi dire.
Ne pas vouloir reconnaître quand ça arrive, et en faire une habitude d'aveuglement, une posture vaguement coupable, mais ça ne dure pas, de moins en moins, et se persuader que ça n'aura pas d'incidence.
Égoïste, ne te rends pas compte que tu neiges en cristaux de sel sur la peau d'un monde vivant.
Que ce peut être très beau, mais que ce froid brûle profondément, et creuse et crevasse.
Alors je dis, parfois je ne réponds pas, parce que je ne sais pas quoi répondre.
Parfois je m'en fous.
Parfois je suis fatiguée.
Parfois j'ai pas envie.
Parfois j'ai honte et je me cache.
Parfois rien. Rien du tout.
Égoïste, oui. Parfois.
Il fait encore si froid par instants. S'il se mettait à neiger, ça neigerait probablement des flocons de sel.
On serait bien emmerdé avec notre peau et toute cette brûlure.
Depuis j'ai entendu.
Depuis je m'en fous moins.
Depuis j'ai envie.
Depuis j'ai honte. Encore un peu.
Depuis un peu mieux que rien.
Égoïste, oui. Mais plus aveugle.
Je prépare des baumes et des huiles pour adoucir les crevasses.
J'ai diminué le sel.
1 commentaire:
C’est très beau, très touchant très délicat ce que vous écrivez. Je parcours votre blog avec curiosité, et j’aime cette façon d’effleurer le monde. J’espère que tout se passe au mieux delon vos souhaits
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