mardi 9 juin 2009

Ederlezi

Dans le noir, l'humidité est plus fortement ressentie.

Couchée sur un rail, tendue comme un fil de funanbule, le métal est froid et trempé. On dirait une cave. Ou alors le dessous d'un pont. On attend le lever du jour . Un marteau résonne au loin et en passant les mains sous la jupe on en fait tomber de la suie.

Comme le Petit Ramoneur. Une échelle suspendue. Un rail vertical qui monte vers le ciel ébène piqué à la machine.
Comme il descendait sec cet escalier. Comme ils descendaient vite.

Pour se cacher dans les caves d'une Venise nocturne et hantée.

Encore la musique. C'est le Roi et l'Oiseau. Qui étire les volutes de violon autour du socle piano.
La bergère et le petit ramoneur s'enroulent dans un tissu couleur de mur et disparaissent. Avalés par les berges humides et sombres.

Du haut de mon échelle, je vois le monde à l'envers. Le monde a la tête en bas. Et tout n'est que lenteur étirée. La suie tombe de sous ma jupe vers le ciel et le remplit. C'est la nuit. Frotter un morceau de craie entre les mains, sortir une machine à coudre, fil blanc et coudre les étoiles et les constellations.

Tête en l'air. Un souffle, une pluie fraîche qui vient laver tout ça.
On recommencera demain.
C'est le matin. Les rails sont froids et humides. L'esprit détendu.

L'herbe ondule doucement. Le ciel est encore gris de sommeil. Toujours le balancement léger du cheval de bois immobile. Le voyage est proche.