jeudi 15 janvier 2009

Ouvre la porte maintenant , dialogue in



Tu dois. Vas-y. Ne regarde pas en arrière. Même pas un petit écart de la tête sinon, tu resteras platée là ad vitam aeternam. On dit ça non? On utilise toujours le latin dans certaines circonstances?

Bof.

Je savais que tu serais là. C'est un drôle de moment je pense. J'ai discuté avec V. il y a quelques jours. Nous avons parlé de cette mobilité professionnelle, tu vois? Je me rends compte que ce n'est jamais facile. J'ai volontairement cassé mes habitudes.

Je ne voulais pas rester.

Pour moi c'était sublime. Je crois que c'est la bonne façon d'agir. Mais au moment de partir, je n'en suis... Si pourtant. Mais le pincement, le pincement. C'est encore l'heure de partir. Je me pensais sédentaire, limite plan-plan cul-cul...

Hahahaha!!!

Je ne t'écoute pas, limite...

Pan-pan Cul-cul tu veux dire...?

Nan. C'est pas ce que je veux dire. Je veux dire que je suis si différente de ce que je pensais être. J'irais pas jusqu'à dire une nomade, quand même pas. Mais putain, pas non plus une immobile. Alors que bon, moi...

J'aurais jamais cru. J'suis sur le cul! Pan pan!!

C'est mon dernier texte tapé ici. A cette table. Dans cette ambiance. D'autres viendront et je laisse ma place à des pétasses qui ne doutent de rien, sans âme mais fortes en surf relationnel. Et tant pis c'était ma place et ça l'est plus, mais quand même, ça fait toujours un peu bizarre, et c'est pas la première fois, nom de Dieu, je m'y fais pas! Je crois que je peux pas m'habituer.

On s'habitue à tout.

Pas faux. Tu vois par exemple le grand-père...

Je vois...

Tu as déjà entendu parler des amputés qui ont leur membre manquant qui les démange. Et bien là tu vois, c'est pareil, je suis amputée de lui et il me gratte encore. Il me grattera toujours je crois.

On s'habitue, déjà ça ne pique plus.

Pas faux. Je fais quoi maintenant?

Tu...

prends mes affaires.

Puis tu...

éteins la lumière, l'ordi, les enceintes, l'écran.

Après tu...

descends l'escalier dans le noir, j'ai l'habitude, je le connais.

Et tu...

ouvre la porte.

Tu t'...

envole, encore.

Maintenant.Ouvre la porte.