mardi 5 novembre 2019

Sous le signe du feu

Dans les braises du feu mourant, je me rappelle ces mots, il paraît qu'il faut aimer pour savoir allumer un feu. Il paraît que le feu le sent.

Ce que j'en sais, c'est que l'amour d'allumer un feu donne foi et persévérance, comme celui d'allumer le feu chez un homme.

Souffler sur la chaleur en devenir s'apparente à la montée d'un désir.
Le feu qui vient est affaire érotique.

Je souffle donc doucement et j' attends que viennent les petits crépitements.

Une minuscule flamme en dessous, je sens que tu viens, il ne manque pas grand chose, je sais que tu me récompenseras de ta chaleur et de ta lumière.

Amoureuse des feux. Sorcière allumeuse.

Demain je remets ça et j'irai vivre dans une autre vie, seule et nue et hirsute dans une cabane entre forêt et océan, j'allumerai des feux et des hommes en séchant les plantes à mon désir de braise.

Les flammes lèchent les sarments de vigne et prennent leur essor.

On peut se laisser tomber dans le feu, s'imprégner les vêtements et les yeux de l'odeur de fumée, parfum hors d'âge qui animalise et ensauvage les humains.

Les feux me manquent, à chaque fois que j'en fais un.
J'aime faire les feux. J'aime les feux. J'aime.

Je suis née sous un signe de feu.