mercredi 30 octobre 2019

On a qu'à faire comme ça

300 kilomètres avalés d'une traite, avec à peine une gorgée d'eau par-dessus et une claque sur le cul.

On a qu'à faire comme ça.

Une goutte, puis deux. Une pour chaque œil. J'ai laissé couler, comme une goutte, puis deux le long de chacune de mes jambes.

La peau a séché, ça se voit même pas. Pour le savoir, il faudrait suivre les traces du bout de la langue.

On a qu'à faire comme ça. 

Les grands bonheurs sèchent sur la peau et laissent une mue invisible, à décoder avec la langue. 

On a qu'à faire comme ça.

Comme les faucons pèlerins.
Monter en torche à 9000 mètres d'altitude. 
Bien sûr, la mise en retrait, le silence. 
Il n'y a rien à dire quand la gorge se serre.

Et puis, à 9000 mètres, ils se prennent dans les ailes et se laissent tomber.

On a qu'à faire comme ça.

Accouplement de deux pierres vêtues de plumes dans une chute vertigineuse.

C'est parce que je respecte les limitations de vitesse, toujours, que j'ai besoin de monter à 9000 mètres et puis de chuter en torche au creux de tes ailes.

La séparation des faucons est très belle. Ils se séparent à une vitesse folle, avant de toucher le sol qui les tuerait.

On a qu'à faire comme ça.

Avant de se tanker sur une plage au soleil.
Tout à l'heure.