jeudi 10 octobre 2019

Par effraction, Dialogue in

Il y en a qui entrent par la porte
D'autres par la fenêtre
Il y en a qui forcent le passage
D'autres qui ont besoin d'aide
Il y en a qui sur la pointe des pieds
D'autres qui font entrer des flots de lumière
Il y en a qui font leur trou
D'autres qui referment derrière eux
Il y en a qui s'introduisent
D'autres qui restent sur le seuil

Comme une naissance, l'entrée dans ce monde n'est jamais certaine, n'est jamais simple, il s'agit d'un rite de passage que d'ouvrir une porte, que de pénétrer dans un endroit, qu'il soit physique ou immatériel, la peur de l'effondrement ne fais pas tout.

Il y en a qui font des entrées fracassantes
D'autres qu'ont ne remarque qu'à l'instant où ils partent
Il y en a qui laissent les clés sur la serrure
D'autres qui verrouillent tout
Il y en a qui ferment les yeux
D'autres qui ouvrent leurs frontières
Il y en a qui donnent
D'autres qui prennent   
Il y en a qui ont le feu
D'autres qui soufflent en vain

Ce monde, vaste tissu où s'entrecroisent les mille fils, et plus encore des vies qui y vivent, les mille fils, laine, soie, coton, lin, coloré, chatoyant, feutré, ce monde n'est qu'un immense métier à tisser dont le bruit à lui seul devrait couvrir tous les cris des nouveaux-nés, les avaler dans son ample va-et-vient, absorber leur fil singulier et l'ajouter, brin d'or à l'ensemble, à chaque naissance, un fil particulier vient s'assembler, comme les mille grains de poussière accrochant la lumière derrière un rideau qu'on viendrait d'arracher de la fenêtre.

On n'entre pas dans un monde meilleur sans effraction.
A moins de laisser les portes ouvertes...