jeudi 22 août 2019

Raining Stones

T'as jamais été éclaboussé par la beauté sans éclat des petits cailloux de plage, quand l'eau s'évapore et en ternit lentement la surface, les rendant anonymes et feutrés, très communs, il suffirait de les plonger dans un bain, de les sucer deux secondes, et de nouveau la brillance, vernissés les petits cailloux et surviennent de subtils dessins, des incrustations fossiles. 

Avant, sur la plage, je me baladais sans le haut du maillot, pour crâner. Mes chéris de septembre s'étonnaient souvent de ne découvrir en me déshabillant aucune trace blanche sur la partie haute de ma personne, éclaboussés de mon hâle, ils ne disaient rien, sans doute n'en pensaient-ils pas moins.

Désormais, je mets les soutifs pour me balader sur le sable, je ramasse les petits cailloux avec mes enfants, j'aime leur apprendre comme ça deux trois bricoles qui servent dans la vie, comme ramasser les petits cailloux ronds, plats, lisses, striés, bicolores ou écaille de tortue, avec des dessins ou sans rien. 

Comme on ne sait jamais où les mettre, je les cale dans mon soutif, pas de perte et puis ils restent mouillés et peuvent longtemps encore nous éclabousser de leur beauté sans éclat. 

L'orage d'été est là, nous avons sorti les cailloux de leur cachette. Nous les avons posé dans une bassine, sur le balcon. 
Nous regardons la pluie leur redonner vie. C'est chouette. 

De l'intérêt du soutif. 
Quand même. 

B.O Valse n°7, Chopin