mercredi 14 août 2019

Le tissu du silence

La dominante cette année, verte mais pas jeune, mais pas...

Vers les cailloux des bords de plage à cacher un peu partout, les rires des enfants et les arbres fauchés en bas de ma rue.

Vert le tapis volant sur le sable et le vent hurlant mon appel en arrière.

Vers mes yeux toujours quand l'été s'y plonge.

Il faudrait pouvoir. Les trous dans le tissu. Raccommoder. Me pique les doigts. Dans le silence. Un accroc bleu. Elle s'use la robe. La nuit lui tombe dessus. Raccommoder. Le silence. Dans les trous bleus du tissu. Avant la déchirure. Il faudrait pouvoir. Filer les doigts. Enrouler les yeux.

Tenter le fil vers.

Il faudrait raccommoder les trous dans le tissu bleu du silence, changer la couleur et lui ouvrir une belle cicatrice couleur vers toi.

L'aiguillonne patiemment travaille à m'en piquer les doigts dans les yeux, à y allumer des étoiles kaléidoscopiques, me jaillissent les verts des forêts, des roseaux qui dansent et des hommes nus et toujours vers moi

Il faudrait raccommoder les trous dans le tissu du silence. Pouvoir me vertir avec une robe bleue réparée et écouter le vol des demoiselles sur les nénuphars.

Rien n'est plus ouvert qu'un trou bleu dans le tissu du silence.