dimanche 4 août 2019

Rêve-volter

À la mi-temps de la nuit, rêver en volte, dans la face, à peine rougie par la mi-temps de la nuit, penser à ces quelques centaines de kilomètres en solitaire demain, rêver en volte, emboucher l'air ambiant et se laver de tous les bruits parasites, de tous les klaxons, à la mi-temps de la nuit,ne retrouver que les souffles de ceux qui dorment, le cri d'une effraie en vol, le souffle de l'effraie et le sillage des étoiles qui filent, qui voltent, ne plus rien garder en vol que le rêve et le souffle de la révolte qui passe et reste partout si vive, qui tourne qui vire, paf dans ma face et mes heures de silence, comme dérobées à mon rêve par la vie des enfants, pirouettes cacahouètes, par les jeux de bataille, les siestes de mère et les câlins dévorants, à la mi-temps de la nuit, rester barricadée dans les aboiements des chiens, dans le grésillement des insectes et le filage des étoiles qui cillent, comme piquées sur un tissu et une maille a filé du bas, percevoir de loin le grondement sourd des foules en colère, le vent de la révolte et son odeur de feu, dans le froissement des herbes hautes sous le vent, à la mi-temps de la nuit, volter en rêve, la danse attendue depuis la mi-temps du jour, une danse avec soi seule, rêver de bras en plus qui volteraient, qui derviche tourneraient pour faire s'envolter les pans de la robe, en rêve avec les aboiements des chiens et le souffle de l'effraie pour orchestre, à mi-temps de la nuit, dans le filage des étoiles cillantes, oser un vœu, penser rêve-volte.