jeudi 1 août 2019

La meuf tout court

La meuf que j'aurais voulu être envoyait tout balader avec joie et égoïsme, dans un élan sauvage et brutal, elle foutait le feu à sa propre terre et marchait sur les braises fumantes, souveraine, elle faisait de la moto, elle fumait grave et tenait la picole comme personne, elle faisait l'amour dix-huit fois par jour, elle était sublime de feu ouvert et rouge.

La meuf que j'aurais pu être avait des litres de larmes à la place du sang dans les veines, elle se noyait dans la vie des autres et se tailladait les bras et les jambes de douleur, elle faisait l'amour avec son cœur seul, amputée de son corps et de son cul, elle était sublime, nageant dans la mer ouverte et rouge, elle fumait grave, elle vivait recluse et enfantait dans la joie

La meuf que je suis tente de faire pousser la vie partout où elle passe, plantes animaux hommes, surtout hommes, enfants, elle évite les trous pour ne pas trop s'abîmer, elle sourit plus qu'elle ne rit, elle est sublime dans le silence de l'air ouvert et rouge, elle aime conduire et se perdre sur les routes pour descendre de voiture, elle fume grave devant le soleil, elle fait l'amour en alternance, encore avec sa tête, elle voyage sans bouger, elle bouge sans forcer, elle soigne tout ce qu'elle doit.

La meuf qu'il me reste à être sera la meuf ultime, elle marchera en dansant, rien ne lui résistera, elle prendra tout, elle saura être en patience et en sagesse, elle fera de la moto et arrosera les routes de l'enfer avec ses yeux ouverts sur la terre rouge, elle bougera pour voyager et s'abîmera peut-être, elle fumera grave et fera l'amour sans rien, elle sera sublime. 
Une meuf tout court.