mercredi 31 juillet 2019

Somewhere

Doucement, doucement mon cœur, il y a forcément un endroit pour nous mon cœur, un coin pour le repos et la douceur, un coin où tu saurais nager sans avoir eu besoin d'apprendre, un coin où tu pourrais réfléchir et te battre, réfléchir ta propre image comme dans un miroir d'eau tendue sur les montagnes, doucement, doucement mon cœur, tu te bats à te rompre, mais ne plie pas, il y en a une, forcément, une place pour nous asseoir face à face et laisser sécher nos larmes, et étreindre la barbarie pour en exprimer la douleur humide, comme on éponge la fièvre avec un linge froid, mon cœur la violence est la force des faibles, mais toi tu te bats trop fort, à te rompre la voix dans l'écrit, doucement, doucement mon cœur, il y en a un, forcément, un endroit où les garçons peuvent aller danser, avant de revenir embrasser leurs mères, leurs chéri.e.s, au point du jour, avec le regard fatigué et pourtant plein de la vie qui reste à vivre, mon cœur, dans cet endroit, forcément, il n'y a rien de mauvais et de la place pour tous, pas de violence, pas de noyade, pas de voix brisées, ni de vies noyées, puisque tu sais nager sans l'avoir appris, doucement, doucement mon cœur, il y a forcément un coin pour nous, un coin où réfléchir sans te battre, une place où un simple alexandrin aurait la sienne.

C'est dur de réfléchir quand le cœur bat trop fort...