mardi 23 juillet 2019

Le train

Un pied sur la porte et le soleil de plomb, pourquoi est-ce si difficile parfois de faire? 

Un pied à la fenêtre et le sang de plomb, les trains ne s'arrêtent pas partout, ils filent dans la campagne, et laissent des empreintes floues sur les vitres renforcées, comme un vol d'hippocampes  au fond d'une grotte marine, on jurerait les avoir vus, sans en avoir la certitude.

Un pied devant l'autre et les jambes de plomb, ou quand marcher est plus pénible que de ramer. Pas toujours, mais ça arrive, quand on arrive à ce point d'incandescence où sous la chaleur de l'effort la matière se durcit et prend le poids d'une enclume, les trains défilent et laissent derrière eux les trainées de ce qu'ils auraient pu être.

Un pied sous l'eau et la voix de plomb, se cacher dans le noir des maisons pour échapper au souffle brûlant du soleil sur l'asphalte, attendre la nuit et contempler les mauves du ciel, dégradés du jour mourant, se demander ce qu'on a bien pu faire aujourd'hui, ne pas trouver de réponse alors que les trains continuent de slalomer d'une rive à l'autre.

Ce Lui que j'aime prend des trains.