mercredi 30 janvier 2019

I feel it coming

Je ne sais pas si ce serait possible un tour de reins pareil en faisant l'amour, genre en l'appelant de ses vœux, tant l'enroulement des corps aurait été de nature à nous changer en serpents, longs reptiles repliés l'un autour de l'autre, tellement fondus l'un dans l'autre, à un point tel que l'on en deviendrait invertébré de fatigue et d'effacement de sa structure. 
Je ne sais pas si ce serait possible un tour de reins pareil en faisant l'amour, l'amour si profond qu'il m'aurait cambrée à m'en faire sauter les mailles de mon squelette, l'amour si doux qu'il en aurait fait couler une pluie sur ta peau, à t'en essorer le corps, à te vider comme une outre d'eau à un assoiffé du désert. 
Je ne sait pas si ce serait possible un tour de rein pareil en faisant l'amour, à un point tel qu'on renoncerait à se rhabiller faute de mobilité suffisante, à ne plus pouvoir mettre un pied devant l'autre, où le moindre geste t'arrache une grimace, où ton corps reprend sa place dans le cosmos, comme celui d'un vermisseau  écrasé de son propre poids. 
Je ne sais pas si ce serait possible un tour de rein pareil en faisant l'amour, genre le tour de rein inéluctable, qui tombe parce qu'il n'aurait pu en être autrement, vue l'étendue de débauche devant, derrière, en haut en bas, en accord et en lutte, en douceur et puis non, vu l'état des yeux des amants, drogués l'un de l'autre, à ne plus savoir se rassasier, à s'entredévorer, le tour de rein inéluctable, juste histoire de sauver le corps de ce corps à corps infini. 
Je ne sais pas si ce serait possible un tour de rein pareil en faisant l'amour....