mercredi 6 novembre 2019

Étoile de verre

Pluie d'étoiles dans la face. 

C'est le pare-brise qu'a tout pris.

Parfois les cœurs ça fait comme les pare-brises, ça part en étoile,

T'entends crrr... crrr... crrr..., 

Tu arrêtes tout, même de respirer, sinon ça va partir en super nova et te crever la peau.

Étoile de verre, il suffit d'un impact, un tout petit pour que tout explose et se dilate en mille miettes.
Ça s'étiole pas les pare-brises.

Pourquoi je pense à ça ?

Pourquoi je pense à Pessoa ?

Être moi n'a pas de mesure*

Un pacte plus loin, l'impact plus tard, 

Crrr... crrr... crrrr...

C'est le son de mon sable dans ta bouche, mes bris de verre entre tes dents et mon sang sur ta langue la dernière fois.

L'abîme est ma clôture.*

Étoile de verre, il suffit d'impact, pacte hein, et ça crisse et ça se frite, je sais que tu aimes, pourquoi je me mords celle ?

Pourquoi je pense à Pessoa ?

Crrr... crrr... crrr... 

Sable compact, je sens des pas. Du poids sur mes bouts de verre, t'as une allure à diffracter la lumière en mille grains coupants.

Impact à se faire racler la couenne, à se faire dépiauter à vif, lambeau par lambeau, sous les mugissements du sable en fusion. À finir en étoile de verre.

L'abîme est ma clôture.
Être moi n'a pas de mesure.*

C'est le pare-brise qu'a tout pris.

*Fernando Pessoa, Poèmes ésotériques

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