lundi 10 décembre 2018

Bouffer les lions, dialogue in

Il y a dans mon air comme une énergie, pas comme les autres, un relent de souffre jaune et acre, un air de lacrymo libidinal, paupières qui craquent et pantalon qui se déchire, un air tribal et nu dans l'air raréfié de l'année qui se meurt, un air de veines en feu et de lourdeur des membres, un air bondissant en sous-sol.
Il y a dans l'air comme une énergie de rébellion et vaut mieux être belle et rebelle que moche et remoche et je la trouve belle cette énergie un peu crasse, un peu frustre, bien que je ne sache pas encore comment lui parler.
Et ben parle pas
Il y a dans mon esprit des questions troubles, des envies tout autant, des schémas qui se dézinguent, des murs qui se lézardent.
Elle lui avait demandé de la faire jouir avec la langue, il lui a lu un poème
Des trucs dans le genre, une énergie à bouffer du lion, une énergie à mettre à bas tous les fins de race, tous les machos, tous les connards qui n'auraient pas digéré d'être sorti d'une chatte, qui n'auraient pas digéré d'en être le fruit
De quoi?
Du désir, du plaisir, de l'envie, d'une envie, d'une énergie à bouffer du lion, d'être né de la douceur d'une caresse, de la rudesse des souffles, de la bite gonflée à exploser et de la chatte exponentielle, tu la connaissais pas celle-là, la chatte exponentielle, la chatte câline à te damner, et la teub des nanas, tu la connaissais pas celle-là, un jour on en fera des dessins, ça commence, ça vient oui ça vient, et les connards qui pensent encore qu'avec leur crinière de lion, ils peuvent se les baiser toutes les gazelles, c'est à dire toutes les dominer, les mettre à bas, tous ceux là vivent la fin de leur monde de dégénérés, vivent la fin de leur domination, il y a dans notre air comme une énergie, pas comme les autres, un relent de souffre acre et jaune, un réflexe de honte qui craque, un air de joie rageuse qui flotte dans leur air, et qui leur coince la gorge, réflexe imbécile des dominants devant la rébellion.
Il y a dans mon air, un parfum de femmes, au-dessus des fumigènes, des parfums de femme, piquante et douce, il y a dans l'air, une promesse, pas comme les autres, de celles qui affolent les pouvoirs, parce qu'elle contient le pouvoir, celui de plaire, de vivre, de jouir, de s'embrasser, de s'affronter, de s'aimer, il y a dans notre air cette odeur de souffre et de fleur, une énergie à bouffer les lions, tête queue crinière incluse et dents pour finir, avant de mettre bas sous les pavés, une place neutre, à explorer, nus-pieds et cheveux aux vents, histoire d'embaumer ce rance atmosphère, ce repaire puant où croient encore régner encore ceux qui se prennent pour des lions.
Ça vient...oui, ça vient.