jeudi 13 septembre 2018

L'exil a un goût d'olive noire

A cheval entre deux mondes, j'ai encore ton goût dans ma bouche, 
Ô mon Algérie, 
Et au pas c'est magnifique, le paysage défile doucement, au fond de tes yeux noirs comme des olives tombées au pied de l'arbre, ton regard doux s'allume et j'ai encore ton goût dans ta bouche, 
Ô ma Méditerranée, 
A mesure que le rythme s'accélère, au milieu des injures et des regards vides et pourtant hostiles, ce goût ne quitte pas non plus ma bouche, 
Ô ma France, 
Parfois tu es immonde, mais les yeux couleur d'olive noire passent et savent s'arrêter sur les fleurs qui poussent au milieu des gravats, saisir des graminées en suspension, à cheval entre deux mondes, et sans doute bien plus, il est vaste ce pays qu'on appelle la vie et à marcher avec le cheval, on en savoure toutes les aspérités, comme on jouerait avec un noyau d'olive avant de le planter quelque part, de l'enfouir dans le sable des déserts, sous les épines de pins, dans la lande ou au creux de la montagne. 

A cheval entre deux mondes, il n'est pas toujours indispensable de faire un choix pour garder encore un peu ton goût dans ma bouche, 
Ô nos pays, 
Et la beauté triste des yeux noirs de l'exil, aussi triste et belle que les centaines d'olives tombées de l'arbre, réside dans ce pont entre leurs deux rives, il serait temps de goûter à ce noyau, indice incontestable de l'étendue de ce pays qu'on appelle la vie...
It's now or never