dimanche 9 septembre 2018

La nuit tous les chats sont gris et la nuit est ce moment gris où patience et sens font corps et s'assemblent, se mêlent en corps, pour s'apaiser en un long baiser doux et brûlant de retrouvailles à l'heure où les loups chassent et où les lions reviennent boire à la source des lionnes, la nuit tous les chats sont gris et se confondent avec les ombres des barres d'immeubles, semblables à une jungle où les palabres des jeunes hommes résonnent en cris indistincts au plus profond de la forêt dense, où le chant d'amour de l'étage du dessus se confond avec le mien, dans le ronronnement tranquille du sommeil des enfants, ce moment où patience et sens font corps, encore une fois deux fois dix fois et où plus rien ne luit dans le gris de la nuit, que ma fenêtre, à peine visible des barres d'immeubles, plongée que je suis dans le gris de la nuit, rien à voir que l'ncandescence de ma cigarette, l'œil allumé d'une chatte à la fenêtre, grise la nuit, patience et sens, confondus. En corps. Encore.