mercredi 15 août 2018

Pêcher les calamars

Tu veux qu'on en parle, des bancs de flamants roses?
Tu veux qu'en en parle des aigrettes?

Ou tu veux de l'aigrette au fond de ta bouche à mesure qu'on arrête de parler de pornographie littéraire pour la faire, à mi-chemin du monde qui passe tranquille à cheval sur les plages. J'aime pas les chevaux sur le sable. Pas leur place.

Et voilà. On dévie. On dévisse.

Alors que je le sens, le pulse du sang qui afflue et qui me gonfle. Là, en bas, presque comme un mec.
Pourquoi presque?
Parce que ma teub à moi, mec, elle est cachée et bien cachée.
Aussi bien que les calamars dans les rochers de Méditerranée et qu'ils est simple et difficile de l'approcher.
C'est subtil les teubs des filles. C'est comme se perdre dans le maquis et entendre battre son coeur dans les tympans pendant que le sexe se gonfle.

Alors on y va, on inspire fort, on bloque et on plonge la tête les bras c'est pas froid, curieux, le tronc et le bassin bien campé. Et ça bat fort là aussi, fort et régulier. Le pulse du sang qui afflue. Et rentrer tout à fait dans mon eau de femme et sentir que je m'enroule autour de ta jambe en silence et en douceur, c'est trop tant de douceur et de silence que t'en cries au fond de l'eau.
Mon fond de femme est obscur et graveleux, ni plus ni moins que les autres, il est peut-être unpeu plus délicat à mesure que tu me pénètres parce que ma teub, mec, elle est cachée et pourtant elle existe.

Parlons pas littérature, veux-tu?

Le chant des enfants morts

Je chante pour tous les enfants morts.
Je chante pour la tienne dont je n'ai pas osé te demander le nom, alors je vais l'appeler Inaniel, juste pour moi, parce la chanson que j'écoute me chante tous les enfants morts et je n'en comprends pas les paroles.
Je chante pour tous les enfants morts, ceux qu'on a connu, ceux qu'on a pas connu, les nôtres et ceux des autres, de tous les autres à travers le monde infini et vaste.
Je chante les enfants morts dans leur sommeil, les enfants morts en mer et ceux morts en mère.
Je chante les enfants morts en vol, parce que ce monde est aussi beau qu'impitoyable et qu'il n'y a que les enfants pour en saisir sans le savoir l'étendue redoutable.
Je chante les enfants morts après avoir écrit un texte sur le sexe, parce qu'après tout les enfants sont bien conçus dans le sexe, c'est de là qu'ils viennent.
Je chante pour les enfants morts.
Je chante avec tous leurs parents, en silence, en chagrin, en déroute, en douleur, en vie toujours, ou morts avec eux, en même temps que s'éteignent leurs enfants, ils meurent un peu aussi.
Je chante les enfants morts, à travers les âges, de la folie des hommes, je chante la révolte impuissante des enfants morts face à la brute barbarie des adultes, je chante l'injuste.
Je chante les enfants morts bien qu'encore vivants, happés, raptés par la prédation furieuse de ce monde de fous qui les transforme en marchandises, en esclaves ou en rien du tout, commes une plante pourrissante.
Je pleure les enfants morts en mère et ceux retrouvés par les pères.
Je chante les enfants et la mort.
Inaniel


Accent circonflexe et amandes fraîches, dialogue in

Incomparable douceur
Les amandes fraîches
La bouche pleine de sable
Frotté mes cuisses dans la voiture
J'me suis fait quelques films
Osés
Mais jolis
En pensant à l'accent circonflexe de ses sourcils
Et son regard
Pénétrant ça oui
Voilà
Les babouches pleines de sable
Dessins éphémères
Devant la mer
Le coup du rond-point
Pour sûr c'en était une d'aventure
Accusant l'accent circonflexe de ses sourcils
Et le film qui dérive un peu
Frotté mes cuisses dans la voiture
Même que le sable était déjà parti.
Osés 
Mais jolis.