lundi 1 janvier 2018

Dis, quand reviendras-tu?

Il n'y a rien eu de plus parfait pour cette dernière nuit de l'année, que les pleurs de ma fille et ses petites mains qui cherchaient mon visage pour le toucher, comme si en m'éloignant, je la précipitais dans un abîme de vide et de rien. Il n'y a rien eu de plus parfait pour cette dernière nuit de l'année que cette quasi-nuit blanche auprès de ma toute petite qui grandit si vite, rien de plus idéal que ce temps qui passe et ne se rattrape guère. 
Je n'ai pas de vœux, Génie, rien à souhaiter qui ne soit évident. 
Éloigner la mort de ceux qui sont chers, ne pas vieillir trop vite, c'est comme si je n'avais jamais vu mes 20 ans et pourtant ce monstrueux cigare offert par mes copains, me brûle encore la gorge et continue à me filer la nausée, c'est comme si je n'avais jamais vu mes 25 ans et pourtant ces chemins parcourus, ces croisements de route continuent de m'orienter comme les étoiles aux marins d'autrefois, c'est comme si je n'avais pas vu mes 30 ans et pourtant comme ces deux enfants m'appartiennent de moins en moins.
Je n'ai pas de vœux, Génie, à moins qu'au printemps nous ne voyions ensemble les jardins refleuris.
Je vais, je viens, je vire, je tourne et je me traîne, je n'ai pas de vœux, Génie, ni pour moi, ni pour personne, hormis tout ce qui est évident.
Des soleils qui réchauffent, des feuilles mortes, des caresses, des soupirs, des emportements, des abris.
Bien sûr, ce n'est pas la lune. Bien sûr ce n'est pas la Seine. 
Il n'y aura rien de plus parfait en cette première nuit de l'année, que tout ce temps qui passe.
Il était une fois commence...
Génie?
Dis.
Quand reviendras-tu?