samedi 21 octobre 2017

Les nuits fauves et les grands soirs

La fenêtre est ouverte. Mon seul manteau sur le dos. Inscrire en une page fontaine pleine de ce que de toi je veux.

J'ai nettoyé l'espace de tout ce qui ressemble à un gamin, j'ai dégagé l'espace de tout ce merveilleux encombrement. Une urgence, sans doute. Et j'en ai beaucoup des urgences.

Je veux que tu soies tendre et brutal. Je veux écrire nue sur une chaise, comme une nuit pleine de chaleur de sommeil et de moustiques.
Je veux triompher de ma colère et consoler mon désespoir*. Je veux me délester pour quelques heures de mes années passées. Je veux m'enrouler autour de toi comme une liane et te faire chuter au sol. Je veux que tu me retiennes du bout des doigts alors que je m'envole. Je veux que ta langue abreuve mes lèvres asséchées par l'absence de tes baisers, tu te souviens?
Je veux que le désir de moi te brûles tellement que tu en aurais une formidable envie de pisser. Je veux aller au cinéma pour ne pas voir le film. Je veux parler jusqu'à ce que tu me ramènes. Je veux que tu plaques mon corps contre un mur et ta main entre mes jambes. Je veux que tu ne veuilles pas fermer les yeux. Je te veux comme un livre dont je reprendrais la lecture, inachevée. Je veux revenir sur ce passage là. Celui-là. Précisément. Oui. Je veux que tu me lises avec tout ton corps. Je veux que tu me lises avec ton foie, ta rate, ton cerveau, tes reins. Je veux te toucher. Je veux que tu me fouilles. Je veux qu'on aille danser  et lâcher ma part animale sous tes yeux. Emmène-moi, revoir une dernière fois...* Je veux m'élever du sol, soulevée dans la poussière et que tu me retiennes du bout des doigts avant que... Je veux te faire crier en silence. Je veux ouvrir la faille en toi. Je veux être sans peur et sans reproches. Je veux retrouver ton odeur qui feule sous tes vêtements. Je veux . Oui. Je veux. Encore. Je veux que tu me grimpes comme à un arbre et que tu te balances à mon corps. Je veux que tu traces un sillon de salive sur tout mon territoire. Je veux un temps suspendu dans le vide. Je veux que tu m'empoignes la nuque et tes dents dans les épaules. Je veux que tu m'emmènes danser dans le noir, et tes yeux agrippés à mon corps abandonné. Je veux me noyer de ma sueur et boire la tienne. Je veux. Je veux du plaisir et de la joie. Je veux la hargne. Je veux la peine. Je veux l'impact. Je veux un temps interrompu. Je veux qu'on se batte comme des chiens. Je veux qu'on s'aime doucement. Je veux voir nos larmes perler dans nos sourires. Je veux l'abandon.
Je veux que tu m'écartèles et que tu me rassembles.
Je veux un grand soir. Je veux une nuit fauve. Je veux un matin calme. Et que du bout des doigts...

Ce que de toi je veux.

*Tribute to Fauve