samedi 7 octobre 2017

De l'intérêt du silencieux

Il paraît que le silencieux est un outil pratique. Va savoir.
Il sert à étouffer tout bruit à même de perturber l'atmosphère. Il sert à adoucir les sons des instruments. Il sert à éliminer le claquement des balles.
En gros.
Il sert à la discrétion, l'apaisement.
Un bébé qui braille ?
Silencieux
Un règlement de compte ?
Silencieux
Une sonate à 23h?
Silencieux
Je crois qu'il existe un silencieux des émotions, des sentiments, des sensations. Comme une sourdine.
Parce que le bruit, le cri, le claquement heurtent, blessent, agressent.
Et les sensations ? Et les sentiments ? Et les émotions ?
Aussi
Qui devrait avoir à soutenir tant de déferlantes assourdissantes ?
Accoeurissantes
De quoi est fait ton silencieux ?
Mon silencieux ?
Je crois qu'il existe des silencieux qui protègent, qui contiennent la violence intérieure. Des filtres.
Comme pour les cigarettes.
La fumée ne fait pas de bruit. Si peu.
Elle a, paraît-il, un poids. Et pourtant elle ne pèse rien. Et pourtant elle est dangereuse.
Elle ne pèse rien. Elle ne fait pas de bruit. Si peu. Et nous en avons partagé certaines. En silence.
Cette vie silencieuse n'a pas cessé de faire du bruit dans la mienne.
Les gouttes de silence ont résonné au fond du puits.
Et s'envolaient, bleues volutes. Sans bruit. Si peu.
Le silencieux est, semble-t-il, un outil pratique.
Silencieusement, j'entends mes bruits intérieurs.
Tout parle à qui veut entendre. Même le silence.
Tu m'écoutes ?
Je n'ai pas de silencieux.