mercredi 27 septembre 2017

Toi même

Un peu de vie, redonne-moi.
Parce que je me suis vidée. Complètement. Parce que deux têtes sont sorties de ma chatte. Et deux petits corps de chatons aussi, derrière, tout sanguinolants et tout chauds. Vulnérables.
Parce que pour grandir, il faut vieillir.

Depuis un mois, j'erre en silence. Je te cherche, moi-même. Combien de milles nautiques t'éloignent, moi-même? Dans quelle dimension? Dans quel espace-temps?
Où es-tu passée, moi-même?
En ce moment, tu te caches tout au fond de ma chatte, et tu tambourines, tu cherches à redonner vie à mes souvenirs intimes, à la fois gais et tristes.
Je revoies ton visage d'il y a 10 ans, moi-même. Ai-je changé? Combien de morts m'ont marqué la face? Beaucoup de disparus ça oui. Mais aucun oublié. Voilà ce qui me fait vieillir, toi-même.
J'ai besoin d'une cure de jouvence. J'ai besoin de plonger dans la mer de tes souvenirs, de ce temps où je dansais, alors que je me suis toujours sentie mal à l'aise sur une piste.
C'est dur l'oubli quand on n'oublie jamais.
J'aurais adoré m'oublier dans ma chatte, et en sortir à chaque fois, ta tête et mon corps sanguinolants et tout chauds. Et tu me tambourines. comme si j'étais enceinte de toi-même, moi-même.
J'ai envie de naître de moi-même. Et de refaire encore ce trajet à l'intérieur de ta chatte, moi-même.
Comme une furieuse envie d'un baiser.
Je cherche à savoir qui tu étais moi-même qui peine à me reconnaître.
Avec le temps on s'oublie.
L'adulte erre.