dimanche 29 septembre 2013

18 408 600

Putain, encore...
Déjà?
Toutes ces heures, minutes, secondes...
Et celui que je n'aurai jamais, celle peut-être bien. Qui ne sera jamais remplacé, é - e peut-être bien.Qui me manquera toujours. Ne grandis jamais. Grandis vite. Engloutis sans t'en rendre compte toutes ces heures, minutes, secondes. Je ne te retiendrai jamais. Personne n'a ce pouvoir.
Et ce vouloir?
Accroche toi à mes oreilles, à mes cheveux petit singe. Pour toujours. 
J'ai aimé le porter. Tellement. 
Il me nique le dos. 
18 408 600...
Vachement long...
Et encore c'est rien.
 
 En attendant, il me reste mes oreilles, mes cheveux. Accroché.
Pas comme cette fille que j'avais vue une nuit. Elle avait dans les vingt ans. Moi aussi j'ai eu vingt ans. Elle faisait du vélo. Rentrait chez elle. Pour retrouver quoi? L'infini des possibles auquel j'ai pensé dans ma voiture, parallèle à elle. Au feu rouge. La fille aux grands cheveux ramenés en chignon relâché, haut sur le crâne, deux-trois mèches toutes courtes retombant sur la nuque. La fille de vingt ans sur la piste cyclable. La fille de trente au feu rouge. Moi aussi j'ai eu vingt ans. Je ne suis jamais rentrée à la maison en vélo. J'aimais pas ça le vélo. Je retrouvais quoi? L'infini des possibles. Le tout, le rien, le vide, le plein. De moi, de mon minuscule appartement, ce monde gigantesque de mon imaginaire. Ce monde plein d'un sens qui désormais n'en a plus aucun depuis, attends voir... 
306810....  

Petit Kong. Je me rappelle. Tes épaules toutes noires, tes oreilles, toutes noires aussi. Ton odeur de fumée. Et puis je me rappelle aussi de tout ce que depuis j'ai oublie. De tout ce qui s'évapore lentement de mon esprit. Mes vingt ans. L'infini des possibles. Noyé dans l'infini des certitudes douces et moins... L'infini de ce qui t'a précédé et que tu ne connaitras pas. L'infini de ce que tu vas vivre et que je ne vivrai pas.
 En attendant, tu me niques le dos.
Tu me brises le cœur. 
Allez accroche toi à mes oreilles, à mes cheveux. J'aime ça. Dans ma voiture, je savais que j'allais te retrouver.  Je te retrouve tout le temps depuis, laisse moi réfléchir...
5114...

 Je t'ai senti sauter pendant un temps infini qui s'est envolé dans une fraction de seconde. Je t'ai senti vivre dans cette vie qui précède la vie. Un temps infini qui n'a duré qu'une seconde. L'année de mes trente ans. La fille au feu rouge aussi aura trente ans. L'infini des possibles entre deux âges. Putain...L'étendue de ce que l'on ignore... 
J'ignore quelle sera ta vie. Petit Kong, tes vingt ans ils me brisent le cœur. Je préfère tes vingt premières secondes et ton odeur de fumée.
Nique moi le dos. Comme tu le fais depuis, voyons...
213 jours...
30 semaines...
7 mois...

Tu es né hier.

Au feu rouge, je regardais la fille chignon, je la trouvais jolie.