dimanche 19 mai 2013

Notre stalgie

Nostalgie. Notre stalgie. Elle est revenue. La quisas endormie. La quisas au bois dormant. Pourtant, je jure sur ma tête que je ne l'ai pas embrassée, ça non, jamais de la vie, quand hier encore je l'aurais fait sans problème, plutôt deux fois qu'une même. Tous les pétrins dont elle m'a sortie faut dire. Toutes les stalgies qu'elle m'a évitée tu penses. Et pourtant te revoilà sorcière, c'est pas comme si tu m'avais manquée, mais bon... ça me fait plaisir quand même. Et pourtant, je ne t'ai pas embrassée. Et en plus, je suis rouillée de l'âme, des doigts, des mots, je suis rouillée je te dis. J'avais même pas envie de te voir. Je suis si bien à l'abri de toi, entre les yeux rieurs de mon petit. Je suis si bien. Alors qu'est-ce que tu fous là? Nostalgie. Notre stalgie tu sais... oui je sais. Je sais bien. Que je coule souvent du mascara. je sais bien. Que je mélancolise assez souvent, je sais bien. Que j'ai peur de mourir alors que je commence à vivre. C'est con. Je sais bien. Que je sais bien quoi faire de notre stalgie. Évidemment. Mais je suis rouillée en plus. Je sais bien. J'ai bien vu qu'en deux coups de cuillère mes doigts commencent à se dérouiller. Oh et puis je ne t'ai embrassée pour te réveiller alors hein... Oui je sais bien, j'ai bien vu. Mes doigts se dérouillent.... Notre stalgie sort et danse sur les touches noires. Mais... et les yeux rieurs de mon petit? Non toi, tu n'y vas pas. Toi tu gardes notre stalgie. Tu sais bien...

Bababoum....

Bababoum bababoum bababoum...
Oui ça battait très fort là-dedans. Le sang giclait comme ça bababoum bababoum un coup, encore, un autre et puis des mains gantées t'approchaient un cœur tout neuf. On te refermait comme par magie et puis bababoum, de nouveau. et tout recommençait. On ouvrait ton thorax comme on ouvre des rideaux le matin. Et les mains gantées venaient chercher le cœur, encore battant mais malade, qui arrosait de rouge le reste. Tout le reste.
Et le matin, quand je lui ai raconté ce rêve. Limpide. Évidemment. Mon ami au cœur brisé. A l'âme fendue. Comme tous ceux qui perdent une partie d'eux-mêmes avec la mort d'un être cher. Un pan de vie qui s'effrite. Mon ami au cœur brisé.
Bababoum bababoum bababoum. Qui bat encore malgré tout. Qui sent plus que tout le reste ce qui lui manquera toujours désormais. Des souvenirs d'enfance j'imagine. Des cachotteries d'ados, sans doute. Des connivences d'adultes. La vie quoi...
Je pense à toi, mon ami. A ton cœur brisé. Qui bat toujours. Même si... je sais...