mardi 7 juin 2011

En vol

Tu voudrais me faire croire que c'était facile peut-être? Je ne sais pas trop quoi dire. Ce qui devait être fait oui oui je sais, on l'a fait oui bien sûr. Et quand l'orage a éclaté ce soir, on s'est assis silencieusement derrière la fenêtre, on était dans le noir, on fumait une cigarette, des trombes et des trombes d'eau qui pissaient en tourbillons, en zig-zag, comme notre vieux. Et puis cette espèce de bracelet de force qu'on lui mettait pour le protéger. Cette espèce de bracelet accroché au manche du parasol. Sous la pluie. Complètement lavé par les paquets d'eau. On aurait dit des larmes, toutes ces gouttes.
Je lui ai dit "il n'en peux plus...
- Je sais
Mon dieu, il pleurait. Abattu, au sol mon homme.
Je ne peux pas me disait-il...
- il n'en peux plus et alors c'est à toi de pouvoir pour lui..."
Et puis alors, je ne sais pas, il nous regardait dans les yeux. Je lisais "je suis si fatigué", je ne sais pas peut-être ai-je tort. Mais sache en tous cas, que cette espèce de bracelet, si j'avais eu un peu moins peur de le faire pleurer, et bien je l'aurais décroché de son parasol, et je l'aurais gardé serré dans mon poing jusqu'à la fin de l'orage.
Je sais bien que les chiens ne volent pas. Qu'il n'y a d'après nulle part. Mais ce ciel qui pissait en zig-zag crois-moi...
Il faut toujours un géant de fer pour libérer l'oiseau en cage.
J'avais ma main sur le duvet de son oreille.
Il a tourné sa tête.
Puis il s'est envolé.