vendredi 5 novembre 2010

Goutte à goutte

Il faut croire que rien jamais ne s'évapore de soi. De gouttes en gouttelettes, ça reste accroché à la faïence de l'âme, après la douche des évènements, après le séchage de l'expérience, après l'hydratation du souvenir. Toujours une goutte quelque part. Et un message glissé dans la poche. Vibrant d'amour. Je t'aime, voilà. C'est aussi simple que ça. Ça ne me manque pas. J'aurais cru pourtant. On croit tellement de choses. Et on s'étonne. Et on a beau y faire, refaire, parfois contrefaire, si si... toujours la goutte qui s'accroche à la faïence de l'âme. On a passé tout ce temps à s'occuper d'autre chose, la vie quoi c'est pas plus compliqué que ça, ça prend du temps mine de rien, et elle, elle s'en fout, elle reste sur la faïence, elle ne glisse même pas, vers quoi pourrait-elle glisser d'ailleurs, on se le demande, vers rien justement, vu que l'oubli n'existe pas, il n'y a pas de siphon pour l'âme. Jamais elle ne se vide cette baignoire. La gouttelette accroche parfois un rai de lumière, et brille, solitaire et plantée sur la faïence de mon âme. Je m'y arrête un instant. La considère avec toute la douceur dont je suis capable. Mais. Le message. Glissé dans ma poche. Vibrant d'amour. Je t'aime, voilà tout. Me fait tourner la tête.
La goutte. Ça reste accroché. Ça accroche la lumière.
Mais j'ai déjà refermé la porte sans bruit.
Voilà tout.