lundi 7 décembre 2009

Sans foncer

J'enfonçais mes pieds dans le sable gris, mes yeux dans le ciel gris. J'enfonçais mes pas dans le sable gris. Puis ses bras comme deux étaux m'ont étendue sur un sol d'escalier dans le noir, tu comprends, je me laisse prendre, au risque de dépierrer mon édifice. Une pierre après l'autre, au risque de...
J'enfonçais mes pas dans le sable gris. Puis ses bras, comme deux racines de baobab m'ont arrachée de la plage grise, ont décillé mes yeux, sans blague. J'enfonçais mes yeux dans le ciel gris, sans sourciller. Je me laisse prendre, sans mentir, par son grand corps aux mains de battoir. Et je m'enfonce de plus en plus de lui. Je me laisse jouir, sans blague, comme un homme, en m'enfonçant partout. Et le ciel est gris encore, et j'y enfonce deux trois boutons de camomille, un brin d'eucalyptus. En m'enfonçant en lui, je l'ai laissé jouir, sans mentir, comme une femme. Il s'était renversé sur le flanc et s'enfonçait dans la terre grise, détrempée de tant de moi.
J'enfonçais mes pas dans le sable gris. Puis ses bras... tu comprends. J'y enfonce mes dents désormais.