vendredi 23 octobre 2009

Comme une envie de grand-père

Il suffit qu'un restaurant indien flambe dans le 20e arrondissement de Paris pour le monde intérieur s'écroule sur lui-même. Comme des coutures qui craquent. Des digues qui rompent. Et qui parlent d'une seule et même chose. L'impuissance. Le vide. Je ne sais pas pourquoi, j'avais l'homme au téléphone, je lui disais "alors pour moi ce sera un palaak paner et un cheese nan s'il vous plait", qu'il m'a coupé et m'a annoncé la destruction de ce restaurant, boulevard de charonne. Je ne sais pas non plus pourquoi, d'un coup, ce n'est plus l'image du restaurant que j'ai eu dans les yeux, mais celle de mon Il, qu'y pouvais-je, rien, alors d'un coup je me suis mise à pleurer. Et j'ai eu besoin de dire "j'aime pas me sentir fragile, j'aime pas". Ou encore "j'ai honte de l'avouer mais je me sens seule et j'ai pas envie". Et qu'il vienne. Qu'il m'emmène marcher. Que je puisse me cacher dans ses bras de grand. j'ai comme un goût amer d'enfance dans le fond de la gorge. Comme un peu mal partout. Comme une odeur de grand-père dans les narines.
Allons marcher oui, allons-y, j'ai besoin de m'asseoir sur un banc.