vendredi 16 octobre 2009

Vanilla sky

C'était rentré. Dans le début de l'hiver, un peu pénible, un peu poussif comme toujours. Et, tout naturellement, et contre toute attente, la douceur. La douceur s'est faite soir, dans un grand poncho d'indien. Un pont-chaud. Le temps s'est interrompu deux secondes, s'est respiré sur un rythme coulé, comme plus près du sol, avec une belle inclinaison de la tête, comme invitant à lui embrasser la base du cou. A lui remonter les cheveux sur la nuque et laisser une empreinte de salive sur ses épaules. Le temps, allongé dans le poncho, qui s'en fout un peu de la buée qui sort des bouches, qui abaisse son cou vers le sol, En suspension, en apesanteur lente. En langue tirée, tendue vers le sol, pour le lécher, en sucer les brins les plus infimes, pour s'y râper les dents. En cheveux pendants, qu'on ramène derrière l'oreille afin d'y enfouir la bouche. En corps en vague, le buste du temps aplati au sol et le bassin relevé, les bras posés, en pliure, juste assez pour passer en dessous de lui. La langue comme une gousse de vanille qui se détend dans du sucre fondu.
C'était rentré. Un début d'hiver, avec un goût de sucre vanillé fondu sur la langue tendue vers le sol. Mesure de l'inspiration, un temps. Mesure de l'expiration, deux temps. Et un sol humide. Une flaque. Dans laquelle le ciel prendrait une teinte de vanille sucrée. Entre deux incisives, détacher la gousse de vanille. Et laisser fondre. Entrer dans l'hiver.