dimanche 11 octobre 2009

Ô Ciel!

Comment faire comprendre, tu comprends? Une histoire de désir, et tu ne sais même pas si tu dois le mettre au pluriel, probablement. Une envie d'être épinglée, au ciel. Au ciel. Être projetée en l'air dans une long jet mortel de liquide, comme une explosion, un geyser. Le genre de truc qui te fait voler en éclats coupants. Et voir si tu peux t'en sortir. Et savoir que tu peux t'en sortir. Et voir que tu peux t'en sortir et, encore suspendu dans les airs, ressouder les morceaux du verre de ton corps et souffler, et les élargir et leur donner couleurs et vie nouvelles. Des heures, des heures de voltige à plusieurs. Comment raconter l'inracontable? Ô ciel. Tu vois? La goutte qui tombe est suivie d'une autre suivie d'une autre suivie d'une autre suivie de tant et tant d'autres, tu ne vois pas derrière le rideau d'eau, mais tu as envie de te tremper le cuir et même si tu ne sais pas nager, tu veux, tu es attiré par le rideau d'eau, la, les, toutes, seule, goutte(s). Comment décrire l'amoncellement des nuages avant un orage? Le vent qui se lève? Comment dire...
Madame Rêve....
2009

Sortir du rideau, emmêlée de partout du haut du bas, bras et jambes poisseux. S'extraire par une torsion de la tête, un mortel torticolis, érosion de l'espace autour de soi, le grand soir est-il advenu en mon absence? Je déteste les marées, j'aime pas l'océan, mais j'aime la mer, j'aime pas les gros coefficients, et pourtant équinoxe c'est un joli mot. Ça laisse des traces dans le sable mouillé de sueur et de pluie. Une valise est vite faite à la nuit tombée. Les bras et les jambes poisseux extraits du rideau en lambeaux de tant d'ébats partis du haut jusqu'en bas, la houle alentie, la marée descendante, le soleil pointe au ciel. Ô ciel! J'aime pas l'océan mais j'aime la mer, j'aime pas les gros coefficients et désormais son nom c'est équinoxe. Un bien joli mot sous le soleil naissant.
2018