lundi 28 septembre 2009

La pente, la belle black, la pastille, le mythe

Je revois parfaitement cette plaine, où je n'ai jamais mis les pieds pourtant, je lui ai couru sur l'échine, on courait tous, c'était bon tu sais. Je me suis fait des milliers de torticolis à force de regarder le ciel et de chercher l'envol des oiseaux du regard et de le trouver et de le suivre, jusqu'à ce que je ne puisse plus les voir.
Je revois parfaitement cette déclivité, cette pente que je n'ai jamais dévalée, je lui ai glissé dessus tout du long le cul dans la boue chaude, on aurait dit du liquide de femme. Je me suis roulée dedans, à perdre ma couleur de petite blanche, à devenir la belle black de l'autre côté de la flaque, tétons dressés.
Je revois parfaitement cette pastille blanche que je n'ai jamais goûtée, je l'ai laissée fondre ou l'ai avalé, je ne sais pas. Je me suis laissée emporter par le grand serpent coloré, et j'ai louvoyé entre les êtres, les frottant, les frôlant, m'écroulant, survolant l'étendue humaine par la musique rassemblée.
Je revois ces trois jours de paix, de musique et d'amour, ces trois jours d'il y a quarante ans. Je les revois tous ces gens et leurs cheveux collés par la boue, la sueur et la crasse, et leurs sourires de LSD, et leurs corps en mouvement au rythme de la musique qu'on ne pouvait entendre partout tant la masse était importante.
Je revois le mythe.