dimanche 27 septembre 2009

La terre est bleue comme une orange

Nous étions bien là tous les quatre, à nous retrouver, nous qui sommes
en train de nous perdre
Nous ne faisons rien de mal
non
Nous nous disons notre plaisir de nous revoir
Nous
ne faisons rien de mal
Je crois
En train de me perdre
Dans
Deux grands bras puissants
Dans
Un baquet de liquide poisseux et chaud
Moi-même en
Liquide
Alors, entre le fromage, le thé, le miel et les confitures
Des retrouvailles comme un lent tourbillon moelleux
Un peu de chaleur simple
Le sexe en repos, l'âme
L'âme?
En repos?
Jamais!

Je voudrais renaître aveugle pour mieux entendre, le mouvement, les cris de plaisirs si forts qu'on les croit douloureux, apprendre à les reconnaître dans l'immensité des cris d'humains, comprendre, sentir le mouvement sur ma peau, dans mes cheveux, son inclinaison, son but.
a re t b ue co n ra e
Je voudrais perdre mes perceptions habituelles, m'en extraire et me noyer dans mon antre brûlante. Je voudrais me dissoudre, devenir sourde au monde
La erre st bl ue com ne ran e
Je voudrais marcher nue-pieds dans un grand désert avec pour seule compagnie le sable entre mes jambes, le ciel comme une coiffe de reine africaine, et les sons ricochant des éclats de voix perdus au fil de ma vie, ma voix de fille, ma voix de vieille femme et rien d'autre que mon cul se balançant au rythme de mes pas. Je voudrais ouvrir la bouche et aspirer en un souffle, l'immensité du monde.
La terre est bleue comme une orange