lundi 21 septembre 2009

Contre Champs

La peau marque plus vite maintenant. Les éraflures de ce champ sur mes genoux, s'effaceront plus lentement. Le bleu à la naissance du cou s'étirera encore quelques jours. L'âme s'éloigne plus rapidement maintenant. Le champ que l'on prend. Celui que l'on arpente. Le temps de vie en contre champ. Prend une place jusqu'alors inconnue. Une place non encore mesurée et mes lèvres si souvent embrassées par des bouches si différentes en gardent encore la chaleur cuisante, comme un restant de fièvre. Et le corps, si souvent étreint, écrasé, caressé, labouré par d'autres corps si différents en garde encore les souvenirs particuliers. Et la mémoire s'efface pour ne plus laisser que le poids de l'organique. Passe hors champ. Dans les éraflures sur les genoux, dans la trace à la base du cou, dans les membres douloureux, dans les yeux qui piquent. Dans le vide aussi. Au plein d'un champ séparé. Reste inamovible, l'impact. Le poids. Le corps. Le plein. Contre l'évanescent. La légèreté. L'âme. Le vent. Au sein d'un même être parfois se joue une bataille, un contre. Le vent et le champ. Il faut les deux. Le souffle n'a de puissance que grâce à la terre sur laquelle il souffle. Le champ n'est beau que lorsque ses blés en vague danse se balancent doucement ou en bourrasques s'affaissent.
L'âme en contre champ. Le corps en contre vent.