vendredi 12 juin 2009

Some (dis)orders, dialogue in

Si t'approches, j't'accroche!

Si tu t'approches j't'accroche!!!
Me touche pas!
Mais viens!
A reculons! Tourne-toi!!
Pose ta main sous la table!
N'essaie pas de me regarder!
Putain ferme-la!!
Ta grande gueule!
Ouvre!!
Ta main!
N'essaie pas de me parler!
Force-moi!!
Ferme-les!
Tes yeux!!
Ouvre!
Ton coeur!!
Quoi moi?
T'occupe!
Si occupe t'en!!
Quoi moi?
Non...
Je pleure pas...
Il ne se passe pas de jours que nous menions à l'abattoir les plus purs de nos élans. C'est pourquoi nous éprouvons une telle souffrance au cœur quand, lisant telle phrase jaillies de la main d'un maître, nous les reconnaissons pour nôtres, nous y reconnaissons les tendres pousses dont nous avons étouffé la croissance par manque de foi dans notre propre force, dans nos propres critères de vérité et de beauté. Tout homme qui laisse la paix descendre en lui, qui s'abandonne face à lui-même au désespoir de l'honnêteté, trouve la force d'émettre de profondes vérités. Nous coulons tous de même source. Aucun mystère ne dérobe l'origine des choses. Nous participons tous de la création, nous sommes tous rois, poètes, musiciens: il n'est que de nous ouvrir comme le lotus, pour découvrir ce qui était en nous.

Henry Miller, Sexus