jeudi 7 mai 2009

Trois quarts manqués de peu

Je les vois tous les deux, marchant côte à côte, remontant la rue, passant le portail, les bruits de la rue sont peut-être atténués par les quelques arbres, peut-être résonnent-ils plus sur les graviers ou le granit, je n'en sais rien. Je les vois tous les deux, il lui tient le bras par le dessous, elle boite depuis quelques années, la faute à un genou plein d'eau. Elle a accroché au col de son pull-over, une broche en forme de feuille verte. Pour le printemps. Elle a noué un foulard sur sa tête et elle avance bravement, la patte folle et le cœur serré. Je les vois tous les deux, remontant les allées dans le soleil. Peut-être ralentissent-ils, c'est imperceptible mais je les vois tous les deux, ralentir un peu l'allure, la lumière en plein dans la figure. Ils savent où ils vont. Je le vois la laisser le précéder d'un pas, c'est imperceptible, mais maintenant, il ne la soutient plus par le bras. Elle regarde ses pieds à mesure qu'elle avance, le cœur serré un peu plus à chaque pas, ça gagne la gorge, avaler est difficile. Elle sort un mouchoir de sa poche mais ne voit pas qu'une larme est tombée en plein sur son nom.
Je les vois tous les deux, une mère et son fils venus souhaiter son anniversaire à mon "Il" disparu.
Il paraît que les premières fois sont toujours les plus difficiles...


Bon anniversaire pépé