samedi 21 mars 2009

Le petit oiseau réussira -t-il à ressortir?

J'aurais cru à un moment que ce serait plus facile. Que les bonnes nouvelles font toujours plaisir. Que le printemps, et la montée de sève inhérente me feraient du bien. Mais j'oublie toujours que tout changement induit en moi une sorte de mélancolie. Qu'heureuse de laisser le soleil me chauffer la peau, je serrerai mes bras autour de mon corps avec l'envie de m'en retourner me blottir sous une couette bien chaude. Aujourd'hui, j'ai ressorti mon appareil photo. Je ne l'ai pas utilisé depuis des mois. Je n'y arrive plus. Du moins pas encore.

Je me suis assise sur un banc au soleil, et j'ai regardé ce monsieur en vert qui paisiblement, désherbait un massif de pensées. Pas pressé, calme et mesuré. Il profitait de la chaleur timide sur son dos et il désherbait le massif. Il avait ôté ses gants et plongeait ses doigts dans la terre.

A cause de toi je récupère une voiture et une petite somme d'argent. Tout ce qu'il me fallait en réalité. Je voulais cette voiture, j'avais besoin d'argent. Mais je n'en veux plus et je sais que j'ai déjà accepté. Parce que c'est ce que tu aurais voulu parait-il. Tu sais que mon premier voyage sera pour te rendre visite.

Premier jour de printemps réussi. Je me suis promenée, j'ai constaté que les jardiniers jardinent encore, j'ai lu, j'ai passé la plante de mes pieds sur l'herbe. Bon.

Je constate que tu t'éloignes de plus en plus. Ce n'est que ma tête, mais tu sais, en ce moment, ça fait comme un écho avec la vraie vie. C'est la fuite, de tous les côtés. Et je ne me sens pas très bien, vois-tu?

Cette voiture, cet argent ne me font pas plaisir du tout. En quoi cela va-t-il m'aider à oublier que je préfèrerais mille fois n'avoir rien et t'avoir toi?

Je me sens perdue, comme au fond de mon appareil photo, désormais sans mes yeux ouverts sur le beau monde, tel que je le voyais. La montée de sève monte si doucement.

Je ne veux pas être triste toute ma vie. Mais en même temps, j'ai peur de ne plus être triste de toi un jour. J'ai peur de t'oublier. Alors tous les jours je pense à toi.

Et tous les jours, une chose, un évènement me fait penser à toi. Un jardinier les mains dans un massif de pensées le premier jour du printemps. Par exemple.