jeudi 19 mars 2009

Les enfants ne sont pas des poissons rouges

Allons... Lâche-moi maintenant, je t'avais dit de jouer doucement. Ne t'inquiète pas, je vais t'apprendre, ce n'est pas grave si tu ne sais pas encore. Comment fait-on pour jouer doucement?

Tu t'approcheras doucement et puis, plutôt que de t'imposer, de me piquer ma petite voiture ou ma petite vertu, tu me demanderas si je suis d'accord pour jouer avec toi. Si je te dis non, ne t'en fais pas, c'est juste que je ne suis pas prête à t'inclure dans mon jeu. Tu apprendras la patience. Si je te dis oui, ne me prends pas direct la bécane des mains, approche toi en souriant et tends ton bras, tu verras, le mien dirigé dans ta direction. Et je te donnerai ma voiture, mon sourire.

C'est fou comme tu n'as pas changé. Tu n'es plus un enfant. Mais pourtant, rien ne bouge. C'est une idée toute faite. Que je me suis faite. Du coup. Comment faire autrement? Comme à ton ancienne habitude, tu me fais le coup du tango... j'avance, tu recules... comment veux-tu que je te brûle? Ne crains rien, j'ai l'impression que ta combinaison en titane est garantie tous risques.

Mais j'ai changé. Tu peux reculer tant que tu veux, ce n'est pas à ton soleil que je vais brûler. Mais j'avoue. J'ai été bien tentée. Et ma balançoire oscille. Encore. Sans t'attendre, j'attends. C'est comme ça, j'ai toujours attendu, un peu. Beaucoup. Et en attendant...?

Allons... Lâche-moi. Tu me fais mal, tu ne sais pas jouer doucement. Les enfants. Rien qui n'existe en dehors de leur monde. Et vas-y que je vois passer une petite voiture, toc! elle est à moi. Mais ça ne marche pas comme ça. Alors, on explique, on réfléchit, on les contraint. C'est vrai.

Tu as largement dépassé l'âge. Et pourtant, une fois déjà je t'ai donné ma voiture et tu l'as jetée sans un regard en arrière, perdu à nouveau dans ton univers. Si tu la veux, demande la moi. Mais attention, je te dirai peut-être non.

Les enfants. Ne sont pas. Des poissons rouges.