mardi 24 février 2009

Et j'ai constaté

En réalité, je l'aimais bien ce garçon. J'aurais bien aimé lui dire "je t'aime", pour rien, pour le plaisir de le dire, parce que ça si ça fait plaisir en face, j'avais d'abord envie que ça réchauffe mon coeur à moi. Alors je n'ai rien dit. Un mensonge, aucun intérêt, et des tracas et de la peine. Probable. Mais je l'aimais bien. Je ne savais pas quoi lui dire. Non plus qu'à l'autre, reconnu après 4 ans de silence. Ni encore celui-là, dont la voix parfois me parvenait du haut des cimes. Il m'était même impossible de me passionner pour une bête histoire de fesses, quitte à, autant en profiter. Mais non. Le grand frisson. L'onde de choc. Que j'ai tant cherché. J'en ai tant bu. J'en ai tant sucé. J'en ai tant mordu. J'ai encore un petit bleu, souvenir dans mon cou. Mais. Rien. Et je regrette ce rien. Je n'étais pas parvenue à m'extraire un peu dans le sexe, comme cela avait pu m'arriver. Rien. Un plaisir, bien sûr, mais auquel j'étais sûre de ne pas vouloir -pouvoir?- sacrifier ma solitude. Mon monde, mes moments de repli. Si nombreux ai-je constaté. Et cela m'a fait une peine immense. Dans quel souterrain m'étais-je repliée? De quoi avais-je tant besoin de me protéger? Pourtant, les roses étaient belles, et ses mains caressantes. Il m'a enveloppée de ses bras et je n'avais envie de rien d'autre. Parce qu'en réalité, je l'aimais bien. Et ce bien était en trop, ai-je constaté. J'avais envie de dire "je t'aime" parce que j'avais envie de l'entendre. Depuis combien de temps...