dimanche 8 février 2009

Il faut dire ce qu'on a aimé





Tu sais, j'ai aimé, j'ai vraiment aimé, quand ta main s'est approchée de mon nombril. Je l'ai extrait instantanément à ta douce prise, d'un coup j'ai rentré mon ventre. J'ai aimé, j'ai vraiment aimé dessouder nos regards et offrir à tes dents mon deltoïde. J'aime particulièrement ce léger pincement, détente absolue et plaisir intense. Je pourrais jouir rien qu'avec une morsure à cette place. J'attends. Tu sais, j'ai aimé que tu m'ouvres avec la tranche de ta main, j'ai aimé le glissant de tes doigts, la spéléologie intime. J'ai aimé que tu ne te soies pas arrêté à mon seul sexe, j'ai aimé ton bras en coupe sur mes fesses et ta bouche emprisonnant mon cou. J'ai aimé, tu sais, ta joue piquante à l'intérieur de mes cuisses ouvertes et la paille avec laquelle tu as soufflé sur mon clitoris ce petit vent frais. Vraiment, que tu tires gentiment ma tête en arrière, que tu renifles ma nuque, j'ai aimé. Quand tu m'as immobilisée, quand tu m'as nettoyée de ta salive, quand tu m'as fait une toilette de chatte intégrale, tu sais. Quand tu a grogné dans ma chevelure, tu m'as mordue à nouveau. Tu sais, j'ai aimé, j'ai vraiment aimé le va-et-vient de ta bite à la porte de mon sexe, ce bruit d'huile bouillante. J'ai aimé voir ta salive déposée sur ma main; je l'ai dirigée vers mes fesses, j'ai aimé la grande inspiration qui t'a permis de me pénétrer, tes bras qui m'ont privée d'oxygène. J'ai aimé ma respiration sifflante et ta langue dans mon oreille, ce son de caverne où résonnent des voix anciennes et d'autres à venir, tu sais. Vraiment, j'ai aimé la lumière un peu glauque, mélange de noir et de bleu, je me croyais dans un igloo pendant une aurore boréale. J'ai aimé tu sais tes tortillements de lézard sur mon cul, tes soupirs profonds pendant qu'halluciné, les yeux ouverts vers l'intérieur, tu m'enfonçais au fond du sol. Tu sais, j'ai aimé quand tu t'es arrêté de respirer trois quarts de seconde, j'ai vraiment aimé. Tu t'es mordu les lèvres et j'ai tes yeux révulsés, comme un mort, et vraiment, j'ai aimé, tu sais quand tu as desserré l'étreinte de ta main sur ma nuque, et intensifié celle de tes bras, tu nous as bercé un instant, je me croyais sur mon bateau. Vraiment, quand ta respiration s'est ralentie, quand ton coeur s'est calmé, j'ai aimé. Et le baiser final, tu sais.