mardi 29 décembre 2009

Ces années à s'emmerder pour rien

Je voudrais que l'on me rende ces années où je me suis emmerdé pour rien.* Et qui sont pas prêtes de finir, note bien qu'on en est encore qu'au début, à ton avis, tu crois qu'on va encore s'embourber comme ça longtemps, parce que c'est pas que je prends un malin plaisir à geindre mais quand même tu avoueras que faut pas trop charrier non plus. Y' a un moment dans la vie où faudrait pouvoir profiter, simplement, tu crois que c'est trop demander? Où faudrait juste rien de plus qu'un brin de soleil, les cheveux un peu fous, un mojito dans une main, une clope dans l'autre, de l'herbe fraîche sous le cul, un brin dans la bouche et sourire bêtement à ce qui nous entoure, je demande pas la lune il me semble, si? Mais bon, faut croire que j'en demande trop. Pourtant j'avais pas l'impression. L'impression que j'avais, je vais te dire mon petit pote c'était d'avoir fait ce qu'il fallait. Faut croire que c'est pas suffisant. faut croire que ce qu'ils veulent c'est que tu t'arraches la peau des genoux et des coudes en te tordant de rire, comme un à qui on en a raconté une bien bonne. Et puis quoi encore? Un doigt dans le cul? Deux? Ben écoute voir un peu, je crois sincèrement que ça va pas être possible leurs histoires à la mords-moi.
Je me plains pas hein, simplement je constate que je vieillis un peu, je suis plus aussi coulante qu'avant, tu crois que c'est hormonal?
Ah mon ami, parle-moi plutôt d'un petit coin peinard où on aurait rien d'autre à faire par moments qu'à se la couler douce en attendant que le soleil se couche. Ouais un petit coin peinard d'où on pourrait voir un bout de verdure et où chanteraient les oiseaux. Maman! Faut croire que le canoë prend l'eau plutôt et qu'il n'y a plus qu'à prier qu'il nous reste une boite de conserve pour écoper bravement.
C'est pas grand-chose mais je vais te dire ce que je voudrais.

*Philippe Djian, Criminels

vendredi 18 décembre 2009

Juste un truc que je dois quand même te dire

Faut quand même que je te dise... J'ai pas la force de jeter ses photos. Déjà pour ces messages, c'était pas supportable alors tu vois. Je sais pourquoi j'ai eu tant et tant de mal à faire de la place dans mon coeur. Parce que, suite après suite, il s'est rempli sans jamais se vider. Parfois il déborde, mais jamais il ne s'est vidé. J'ai gardé pour certains plus que pour d'autres. Et pour lui plus que pour tous les autres. C'est ainsi. J'ignore pourquoi. Jusqu'à présent, ça n'avait pas beaucoup d'importance. Jusqu'à présent.
Et maintenant?
Maintenant?
Maintenant
Oui. Oui ça a plus d'importance. Parce que, je l'aime le grand et qu'ils se ressemblent tant les deux, que par moments ça me file mal au bide, ça
Me le tord.
Et avant ça n'avait pas tant d'importance, parce que je pense tout simplement que je ne croyais pas...
En ton propre amour?
Je ne sais pas.
Faut quand même que j'te dise un truc
Tout ça en recherchant des photos pour un anniversaire surprise
Bien la preuve que je l'ai pas cherché et qu'il continue à me trouver
Malgré tout?
Je ne sais pas, tu sais maintenant je vis ma vie, des choses se passent
Je sais

Quand je me retrouve seule, je
Je sais, tu ne peux pas y échapper après tout
Le grand prend sa place
Tu es contente
Oui.
Mais tu sais
Je sais
Parfois le coeur déborde.

lundi 7 décembre 2009

Sans foncer

J'enfonçais mes pieds dans le sable gris, mes yeux dans le ciel gris. J'enfonçais mes pas dans le sable gris. Puis ses bras comme deux étaux m'ont étendue sur un sol d'escalier dans le noir, tu comprends, je me laisse prendre, au risque de dépierrer mon édifice. Une pierre après l'autre, au risque de...
J'enfonçais mes pas dans le sable gris. Puis ses bras, comme deux racines de baobab m'ont arrachée de la plage grise, ont décillé mes yeux, sans blague. J'enfonçais mes yeux dans le ciel gris, sans sourciller. Je me laisse prendre, sans mentir, par son grand corps aux mains de battoir. Et je m'enfonce de plus en plus de lui. Je me laisse jouir, sans blague, comme un homme, en m'enfonçant partout. Et le ciel est gris encore, et j'y enfonce deux trois boutons de camomille, un brin d'eucalyptus. En m'enfonçant en lui, je l'ai laissé jouir, sans mentir, comme une femme. Il s'était renversé sur le flanc et s'enfonçait dans la terre grise, détrempée de tant de moi.
J'enfonçais mes pas dans le sable gris. Puis ses bras... tu comprends. J'y enfonce mes dents désormais.