samedi 31 octobre 2009

self made tatoo

Self made tatoo

Autoriser...
Le droit...
Un putain de tatouage
A grands coups de dents!
Yeah!
On se voit un peu trop...
Pas le droit
Pas à moi
Pas à lui...
S'appartenir
Non non non
Un self made tatoo.
Là d'accord
Une vague nausée puis
Un désir fracassant
Le mordre,
Le
Bouffer
Imprimer
A grands coups de dents
Je l'ai
Oblitéré
Le grand.
Et moi, je
continue de marcher.


Bien à l'aise dans mes bottes
My boots are made
for walking

vendredi 23 octobre 2009

Comme une envie de grand-père

Il suffit qu'un restaurant indien flambe dans le 20e arrondissement de Paris pour le monde intérieur s'écroule sur lui-même. Comme des coutures qui craquent. Des digues qui rompent. Et qui parlent d'une seule et même chose. L'impuissance. Le vide. Je ne sais pas pourquoi, j'avais l'homme au téléphone, je lui disais "alors pour moi ce sera un palaak paner et un cheese nan s'il vous plait", qu'il m'a coupé et m'a annoncé la destruction de ce restaurant, boulevard de charonne. Je ne sais pas non plus pourquoi, d'un coup, ce n'est plus l'image du restaurant que j'ai eu dans les yeux, mais celle de mon Il, qu'y pouvais-je, rien, alors d'un coup je me suis mise à pleurer. Et j'ai eu besoin de dire "j'aime pas me sentir fragile, j'aime pas". Ou encore "j'ai honte de l'avouer mais je me sens seule et j'ai pas envie". Et qu'il vienne. Qu'il m'emmène marcher. Que je puisse me cacher dans ses bras de grand. j'ai comme un goût amer d'enfance dans le fond de la gorge. Comme un peu mal partout. Comme une odeur de grand-père dans les narines.
Allons marcher oui, allons-y, j'ai besoin de m'asseoir sur un banc.

samedi 17 octobre 2009

Rhapsodie, dodécaphonie, aria, requiem ou toccata

J'avais une boite, une petite boite posée sur mes genoux. Une petite boite en bois, une petite manivelle sur le côté gauche. Et quand je la tournais, c'était comme si les rideaux se délavaient et partaient en flaque de gouache carmin sur le plancher qui gouttait vers l'étage inférieur, dilué, tout mélangé avec le vert de l'herbe du jardin, le sable du bac, l'eau grise et la vase. Et le ciel, le ciel, qui s'écoulait lentement.
Alors j'ouvrais cette petite boite, et tournant la petite manivelle, je voyais les petites pattes de métal soulevées par le cylindre hérissé de piquants, et ça faisait de la musique. Et ça délavait l'univers. Et les petites mains, devenues grandes, lâchèrent la petite boite, et la petite manivelle continua de tourner, les petites pattes d'être soulevées par le petit cylindre hérissé de piquants.
Et la musique continua de lâcher ses gouttes d'eau sur les couleurs de l'univers, comme une pluie sur un dessin de craie au sol. Les petites mains devenues grandes, se frottèrent l'une contre l'autre, à l'abri sous le manteau, dans les poches, dans les cheveux. Puis sentirent une goutte de couleur entre les doigts. Les petites mains devenues grandes se frottèrent l'une contre l'autre en un rendez-vous joyeusement poisseux de couleurs mélangées, passèrent dans les cheveux, sur le visage, sur le corps, partout et rendirent couleur aux cheveux, visage, corps.
J'avais trouvé une boite, une petite boite dans ma poche. Une petite boite en bois, une petite manivelle sur le côté droit. Et quand je l'ai tournée, du liquide coloré s'en est échappé. Une chatoyance sans nom a coulé sur mes mains et je m'en suis barbouillé les yeux.

vendredi 16 octobre 2009

Vanilla sky

C'était rentré. Dans le début de l'hiver, un peu pénible, un peu poussif comme toujours. Et, tout naturellement, et contre toute attente, la douceur. La douceur s'est faite soir, dans un grand poncho d'indien. Un pont-chaud. Le temps s'est interrompu deux secondes, s'est respiré sur un rythme coulé, comme plus près du sol, avec une belle inclinaison de la tête, comme invitant à lui embrasser la base du cou. A lui remonter les cheveux sur la nuque et laisser une empreinte de salive sur ses épaules. Le temps, allongé dans le poncho, qui s'en fout un peu de la buée qui sort des bouches, qui abaisse son cou vers le sol, En suspension, en apesanteur lente. En langue tirée, tendue vers le sol, pour le lécher, en sucer les brins les plus infimes, pour s'y râper les dents. En cheveux pendants, qu'on ramène derrière l'oreille afin d'y enfouir la bouche. En corps en vague, le buste du temps aplati au sol et le bassin relevé, les bras posés, en pliure, juste assez pour passer en dessous de lui. La langue comme une gousse de vanille qui se détend dans du sucre fondu.
C'était rentré. Un début d'hiver, avec un goût de sucre vanillé fondu sur la langue tendue vers le sol. Mesure de l'inspiration, un temps. Mesure de l'expiration, deux temps. Et un sol humide. Une flaque. Dans laquelle le ciel prendrait une teinte de vanille sucrée. Entre deux incisives, détacher la gousse de vanille. Et laisser fondre. Entrer dans l'hiver.

jeudi 15 octobre 2009

Rencontre

Une vague boule dans la gorge, je sens les coups que l'enfant porte. Sa tête rencontre la fenêtre. Une vague boule dans la gorge, je tamponne l'oeil de l'enfant. La griffure sur et sous sa paupière ne saigne pas.
Une vague boule dans la gorge, je cajole l'enfant, lui tient la main. La petite main qui se crispe de rage non contenue.

Et alors, cette boule, cette boule, elle enfle, elle enfle,
comme un sample infini, qui me fait leur dire, mettez vous en rang!!
Qui me fait me tenir éloignée d'eux, un peu contre eux, je tiens mon rang.
Ne jamais dépasser le rang. Parfois contre.

Une vague boule dans la gorge, je suis les paires de jambes d'enfants, une marche une autre, accrochés à la rampe, en rang, ils rampent parfois, c'est fou ils rampent.
Une vague boule dans la gorge, j'élève ma voix en rond, la baisse, suivre la ligne, le rang de l'histoire. Contre un sommeil qui est si souvent agité.
Une vague boule dans la gorge, je prends l'enfant dans mes bras, qui pleure dans son sommeil. Et ce faisant, je ne tiens pas mon rang. Contre lui je prends l'enfant dans mes bras et le balance une main sur la tête, l'autre dans son dos.

N'acceptez pas qu'on vous fixe, enfants, ni qui vous êtes, ni qui vous serez.
Ne tenez pas le rang.

Une vague boule dans la gorge, je fixe l'enfant et lui susurre des mots inaudibles. Petit, je comprends seulement maintenant que la rencontre c'est aller contre le rang. Contre la ligne. Petit, bifurque de la ligne dès que tu peux, ne te fais pas de mal. Ne te cogne pas, ne griffe ni ne mors l'autre, sauf dans le plaisir, ne subis rien qui puisse te mettre la rage au coeur, petit, jamais, ne t'endors si dans ton sommeil tu croises des monstres, prends la traverse.

Va et rang-contre.
Tu seras libre.
Petit la rencontre.

dimanche 11 octobre 2009

Ô Ciel!

Comment faire comprendre, tu comprends? Une histoire de désir, et tu ne sais même pas si tu dois le mettre au pluriel, probablement. Une envie d'être épinglée, au ciel. Au ciel. Être projetée en l'air dans une long jet mortel de liquide, comme une explosion, un geyser. Le genre de truc qui te fait voler en éclats coupants. Et voir si tu peux t'en sortir. Et savoir que tu peux t'en sortir. Et voir que tu peux t'en sortir et, encore suspendu dans les airs, ressouder les morceaux du verre de ton corps et souffler, et les élargir et leur donner couleurs et vie nouvelles. Des heures, des heures de voltige à plusieurs. Comment raconter l'inracontable? Ô ciel. Tu vois? La goutte qui tombe est suivie d'une autre suivie d'une autre suivie d'une autre suivie de tant et tant d'autres, tu ne vois pas derrière le rideau d'eau, mais tu as envie de te tremper le cuir et même si tu ne sais pas nager, tu veux, tu es attiré par le rideau d'eau, la, les, toutes, seule, goutte(s). Comment décrire l'amoncellement des nuages avant un orage? Le vent qui se lève? Comment dire...
Madame Rêve....
2009

Sortir du rideau, emmêlée de partout du haut du bas, bras et jambes poisseux. S'extraire par une torsion de la tête, un mortel torticolis, érosion de l'espace autour de soi, le grand soir est-il advenu en mon absence? Je déteste les marées, j'aime pas l'océan, mais j'aime la mer, j'aime pas les gros coefficients, et pourtant équinoxe c'est un joli mot. Ça laisse des traces dans le sable mouillé de sueur et de pluie. Une valise est vite faite à la nuit tombée. Les bras et les jambes poisseux extraits du rideau en lambeaux de tant d'ébats partis du haut jusqu'en bas, la houle alentie, la marée descendante, le soleil pointe au ciel. Ô ciel! J'aime pas l'océan mais j'aime la mer, j'aime pas les gros coefficients et désormais son nom c'est équinoxe. Un bien joli mot sous le soleil naissant.
2018

lundi 5 octobre 2009

Et se taire, dialogue in

J'avais pensé, en hiver,
laisser dériver
les pensées, reprendre
en douceur la
dérive
Un bonne vieille habitude
Reprendre le fil ou
ne pas, c'est selon
Laisser l'âme
s'ouvrir ou
ne pas,
nous verrons
Reprendre en douceur la
perméabilité.
Une histoire de grenouille française,
Râleuse évidemment.
A inventer avec eux,
les crapauds miniatures.
A les imaginer
déjà fiers de lire
dans mes yeux cette grenouille, ce conte
non encore écrit.
J'avais pensé, en hiver,
vivement tes
chaleurs petite!
Laisser dériver, dérider
mon esprit, en
flottement, en
frottement, alangui.
J'avais pensé, en hiver
Retourner m'asseoir sur
Le banc.
Griller une cibiche
brune
en écoutant de grosses têtes.
Il manquerait
les patates,
le seau bleu,
l'eau qui goutte,
le chploui!
la vie, il manquerait,
tout en somme, il
manquerait, lui.
J'avais pensé en hiver,
laisser s'évider mon
âme.
En feuille morte
orange, la laisser
soupirer, la laisser
se pârer.
Et sur un courant chaud,
la laisser
chavirer.
Au gré des vents
contraires, la laisser
naviguer.
Hésiter et
se taire.