mardi 30 juin 2009

Yes I do! dialogue in

1 2 3 ... 1 2 3...
C'est une valse que je chante à ma chatte...
Wow ouh wow ouh wow oh oh!!
Tournée sur elle même
Tournez sur elle même, elle aime c'est sûr..
I'll soon be kissing your sweet little pussycat lips
Dans son oeil de chat se reflètent mille éclats
...boussures!
Pour sûr!!
Et elle rit aux éclats la petite chatte moire
Wow ouh wow ouh wow oh oh!!
J'ai rêvé
D'un chat noir qui avait la rage
Attendant du neuf
What's new Pussycat?
Sur son nez un peu de pluie
You and your pussycat nose...
Et la voilà qui chante une valse entêtante
Pussycat, Pussycat, I love you
Yes I do!!

lundi 29 juin 2009

Drôle de temps

T'es pas drôle tu sais?
Pendant que "Guano" se fout de ma gueule à la radio ce matin, je me sens des humeurs explosives. L'envie de tout foutre en l'air. Parce que "Guano" à la radio ce matin... Putain!! Et toi, là-bas, t'es joli garçon mais j'ai rien à te dire, t'es trop timide. Et toi là-bas, j'irais bien voir là-bas si j'y suis, mais t'as pas été très drôle tu sais? Et pendant ce temps là, tu le crois ça? "Guano" se fout de ma gueule avec sa gueule empruntée. Et moi je suis pas drôle non plus de mon côté. Après l'osthéo, je vais l'aider à porter un lit, parce qu'elle pleurait au téléphone. Drôle de situation. Qui ne me fais pas rire.
Ah! heureusement que tu es là toi la mouette. Tu rigoles? Tu te fous de la gueule de "Guano"? Voilà! ça c'est impec!
Dis voir la mouette, ça t'embêterait d'aller rigoler sous le nez du garçon, lui dire que là-bas si j'y suis c'est bien ou qu'ici il y était c'était chouette, même s'il est pas drôle?
Ce serait impec!!
Pendant que tu fais ça, je montre mon cul à "Guano" et je lui dis merde.

dimanche 28 juin 2009

Action ou vérité? Dialogue in

Marion...
Action ou vérité?
Action
Je voudrais que tu mimes l'animal qui te fait penser à moi.

J'ai d'abord fouillé le sol avec la pulpe de mes doigts,
j'ai avancé à tâtons sur mes quatre pattes,
ma tête oscillait vers le bas dans un mouvement de vague. Je me suis écrasée au sol et j'ai rampé à tâtons vers sa main.
J'ai frotté ma tête de chatte sur la pulpe de ses doigts.
Action ou vérité?
Vérité
Si Fantomas revenait te chercher, tu le reprendrais?
Non.
Action ou vérité?
Action
Je voudrais que tu danses l'état de la colère

D'abord déroutée, j'ai allumé une cigarette,
j'en ai soufflé la fumée par les narines.
La respiration saccadée scindait la fumée en deux parties. Accroupie dans l'herbe, je respirais
de plus en plus fort, de plus en plus vite,
mains au sol et jambes écartées. Je me suis relevée en grondant, la cigarette s'est écrasée au sol, mes mains toujours à terre,
mes jambes toujours aussi écartées et pliées, j'avançais
en tapant la terre. En grondant. Me relevant, j'ai lancé mon pied en direction du sac, les affaires ont été répandues sur le sol. Je me suis à nouveau accroupie et j'ai
roulé mon corps en boule sur le sol.
La colère est terrienne.

Marion...
Action ou vérité?
Actionne-moi...

samedi 27 juin 2009

l'allumeuse et le boulet 1 (texte évolutif)

Tête à tête je m'entette à n'pas dire prise de tête, je te tête et m'endette... embêtant, en bêlant à tue-tête en branlant queue et tête. Brinquebalant, tout pendant entêtant ton parfum j'en ai faim, c'est divin mais si vain c'est vaincue que je tombe étendue sur ta bite tendue. Entendu m'as tu dit, je souris et je nie, que nenni c'est pas moi cet emoi c'est ma tête qui s'entette qui veut son tête à tête, cette envie qui l'habite, tête à queue ma tête ta bite.

vendredi 26 juin 2009

Conversation téléphonique

« J’aime pas tout mélanger, j’ai fait, ponctuant ma phrase d’un claquement de langue qui donnait à la chose un goût un peu trop définitif.
- Ouais moi non plus mais je crois que parfois c’est difficile de faire autrement, j’ai l’impression que la frontière est mince, elle a rétorqué, et parfois c’est même impossible de s’apercevoir que la situation bascule.
- Je crois que ça me gonfle qu’il soit parti, j’ai expliqué, j’arrête pas d’y penser à chaque fois que je te parle, je pense que c’est injuste même si je sais que c’était inévitable…Pas que je sois malheureuse note bien, mais quand même, ça me fait vraiment chier.
- Mmmm… je crois que tu as pris tout ce que tu pouvais prendre de lui.

J’ai réfléchi quelques secondes et pour clore la discussion, je lui ai répondu que je n’étais même pas certaine qu’il y avait effectivement quoi que ce soit à prendre chez un homme qui ne veut rien donner.

mardi 23 juin 2009

Pensées enfumées, dialogue in

Pourquoi avoir baissé cette limitation de 70 à 50?
Putain!
A quoi ça sert de faire attention?
Ouais vas-y défonce défonce
Je gobe une queue...
D'acétone
J'emmerde l'autorité
Du coup
Leur bleusaille
Leurs flingues
Je pompe un dard...
D'amertume
Leurs radars
Leurs caméras de surveillance
Je suce une tige...
De bitume
Tant qu'elles ne filment pas sous ma robe
Ah oui j't'ai pas dit?
J'ai rien d'autre
Que ma robe

Je suis une sèche symbol

dimanche 21 juin 2009

Arlésienne


Une rue étroite et ce chat noir et blanc que je caresse toujours en me rendant aux Ateliers le matin. Comme j'aime vivre dans cette ville, tout faire à pied, déjeuner au jardin antique, marcher pieds nus dans la poussière des Ateliers en attendant les visiteurs. Mon éternel mégot éteint et mon zippo frotté sur mon jean. Au bout de la rue des douaniers, la maison où je vis pendant ce mois de septembre, un appartement à l'étage, une grande pièce, une mezzanine où je me suis installée et une salle de bains avec deux fenêtres, dont l'une donne sur un cul-de-sac où des ouvriers abandonnent leurs sacs de ciment vers midi.


Il est venu s'installer avec moi, dès le lendemain de notre rencontre. Il m'a rejoint un après-midi, je dormais, nous avions passé la nuit dehors à explorer les recoins sombres des bords du Rhône. Il a déposé sur l'escalier une assiette de fruits, un verre de jus d'orange et mes cigarettes. J'étais rentrée épuisée et n'ai pas eu le courage de prendre une douche, seulement d'ôter mes vêtements et de me coucher.


Je laisse toutes les portes ouvertes. Je me réveille et le regarde, allongée sur le ventre, le drap à mes pieds. Ses yeux me sondent et je suis surprise de le trouver assis sur les marches à me regarder.


"Tu es belle" me dit-il gentiment avant de me rejoindre... Je crois bien qu'on ne me l'avait jamais dit aussi spontanément et cela m'a bouleversée.


Puis, un soir d'orage, je le retrouve et je lui dit ce soir j'ai envie que tu fermes les yeux. Il m'a souvent parlé de sa frustration de ne pas "sentir". Alors, il ferme les yeux, s'aveugle pour moi et se laisse faire. Je l'allonge sur le dos et je le déshabille. C'est émouvant de le voir ainsi, totalement prêt à se laisser faire. Je lui prends les mains et le laisse me dévêtir. Lui si assuré semble désormais hésitant et un peu perdu, les gestes plus lents et plus concentrés. Une fois nus, il me demande ce qu'il doit faire.


"Rien justement... ce moment est pour toi, je t'en fais cadeau, je veux que tu redécouvres ton corps et que tu réalises à quel point il me touche. C'est pour ça que tu ne dois pas me voir, celà me gênerait."


Comment vous dire, cest comme si je souhaitais un partage unilatéral. Moi vers lui, et lui seul avec son corps. J'ai toujours senti chez moi une sorte de prédisposition à éveiller la sensualité, qui semble avoir abandonné ce monde, la mienne et celle des autres. Mais je n'ai pas souvent rencontré ces hommes qui suscitent chez moi cette envie de remplacer par la sensualité le sang dans les veines.


Il a les yeux fermés et la lumière est allumée, je m'assieds près de lui et je rentre dans mes mains, il est sur le ventre et je me promène sur son dos avec le dos de mes mains, ses paumes tournées vers le ciel, je m'y attarde un peu et du bout de mes doigts, je parcours ses jambes, ses fesses, ses pieds, sa nuque, je décide de me balader dans ses cheveux raides. Celà dure longtemps, une des plus belles éternités de ma vie. Il commence à bouger...


"reste immobile, ce n'est pas moi qui importe pour l'instant... C'est toi... je veux simplement te faire sentir ce corps avec lequel tu n'as pas dialogué depuis longtemps... Je ne suis là que pour que tu sentes les parties de toi que je caresse, pas pour que tu me sentes moi..."


Peu à peu, je le sens s'assouplir entre mes doigts. Il a confiance et il a compris que ce dialogue c'est entre lui et lui. Je ne suis que le traducteur. Je passe mes mains sous son ventre et je le fais basculer sur le dos. Je caresse son visage, j'aime cette barbe naissante, je caresse son cou et ses clavicules, je voyage sur son torse et je sens qu'il apprécie... Il sait que je descends... je me promène sur son sexe dressé mais ne le touche pas, je veux qu'il sente que je suis là, tout près... puis je continue la descente jusqu'aux pieds. Il remue la tête, yeux clos et respire fort.


"n'ouvre pas les yeux, je n'ai pas fini... retourne-toi encore..."


Mes mains deviennent alors inactives et je deviens le bout ma langue, je trace mon sillon de salive là où mes mains viennent de le quitter, partout... De retour sur le dos, je peux l'observer... Petite escale entre nombril et pubis, il s'est mordu les lèvres et il pleure en silence. Je le taquine un peu alors, à l'endroit où votre peau est la plus fine et à l'ouverture duquel se dessinent vos lèvres aussi sûrement que si vous vous regardiez dans un miroir. Il tremble à présent...


"J'ai..... je...... tu......."


"je comprends, tu peux ouvrir les yeux maintenant"


Coup de tonnerre sur yeux ouverts. Il éteint la lumière et ne me quitte pas une seule seconde. La foudre éclaire nos tremblements par l'ouverture du velux. Je n'ai pas remarqué que la nuit était tombée.


"La prochaine fois, je recommencerai et tu ouvriras les yeux, tu me verras et je serai belle..."


"Je t'aime" m'a-t-il dit dans un souffle...



Le beau dalisque

lundi 15 juin 2009

Du corps à l'âme

La poussière, c'est quand le cœur part en lambeaux d'avoir trop aimé. Peut-être. Je me disais que chauffeur routier ce serait bien. Trop seul. Peut-être. Je me suis fait la navigation. Pas assez loin. Sans doute. Il y a toujours eu quelque chose, je ne sais pas, pour me tenir attachée au sol. Un horizon réduit. Comme une chaîne dans la poitrine. Et je ne porte jamais de collier, une conséquence. Peut-être. Il faut vivre ça au moins une fois dans sa vie. La poussière. La chaîne. Pour savoir.
Tu sais ce que c'est que l'attachement à quelqu'un?
C'est ne pas se reconnaître dans ses propres yeux, pour ne plus ensuite faire autre chose que de rechercher cet être qu'on a été, l'espace d'une seconde. Celui qui s'est dit un jour derrière son bureau que ce serait pas mal, chauffeur routier. Que ça ferait voyager. Que la solitude n'effraie pas. Et qui, finalement reste. Au port. D'attache.
C'est accepter que l'autre n'existe que dans cette vie, et qu'elle est courte. Peut-être. C'est savoir taper quand on ne peut plus parler. C'est l'expression. Ce qui sort de... La poussière dans un courant d'air. C'est savoir tenir d'autres corps dans ses bras. C'est pouvoir se donner sans queue ni tête, et regarder dans le rétroviseur. S'éloigner la vie de ceux que tu aimes. Dans la poussière. Chauffeur routier. Peut-être. C'est savoir qu'il y a des choses qu'on ne fera jamais dans sa vie et qu'on pourra regretter toujours.

J'aurais posé ma joue sur sa joue s'il me l'avait donnée. Je ne serais pas partie s'il me l'avait demandé.

J'ai laissé les plantes se disloquer dans le noir du garage. Je ne sais pas si je descendrai les chercher. Je devrais.Peut-être. En attendant, je reste. A quai. Une amarre solide. Me protège et m'étrangle. Les brins sont si serrés qu'une aiguille ne peut les traverser. On pourrait s'y tenir debout en équilibre, tant la chaîne est tendue.

Je laisse traîner une branche pour effacer mes traces dans la neige. Mais j'ai la désagréable sensation qu'ici la neige est de cendres. Et de traces. Qu'on ne peut effacer comme on le souhaite. Le fichier. Est de poussière. Je suis révoltée par l'absence de liberté. Certaines traces, on choisit de ne pas les effacer. Elles restent parce qu'on le veut. Elles nous brûlent parce qu'on sent que l'absence de cette brûlure nous meurtrirait davantage.
Certaines choses n'ont pas de sens.
Je passe ma main sur ma joue. Et le sens est profond. Je redonne un peu de dignité à mon cœur. Et ne m'en veux pas si je pleure un peu. Je pleure parce que je sens que je redonne un peu de corps à mon âme. Peut-être. Et que cela me coûte. Malgré tout. La poussière c'est quand le cœur part en lambeaux, déchiré par une amarre trop tendue ou bien écrasé sous les roues d'un 38 tonnes.
Je passe des heures à la tromper. La poussière. Je ne lui suis pas fidèle du tout. J'ai écrit "fin de la discussion dans 5... 4... 3... 2..."
Laisse moi deux minutes, s'il te plaît.

Traversée

vendredi 12 juin 2009

Some (dis)orders, dialogue in

Si t'approches, j't'accroche!

Si tu t'approches j't'accroche!!!
Me touche pas!
Mais viens!
A reculons! Tourne-toi!!
Pose ta main sous la table!
N'essaie pas de me regarder!
Putain ferme-la!!
Ta grande gueule!
Ouvre!!
Ta main!
N'essaie pas de me parler!
Force-moi!!
Ferme-les!
Tes yeux!!
Ouvre!
Ton coeur!!
Quoi moi?
T'occupe!
Si occupe t'en!!
Quoi moi?
Non...
Je pleure pas...
Il ne se passe pas de jours que nous menions à l'abattoir les plus purs de nos élans. C'est pourquoi nous éprouvons une telle souffrance au cœur quand, lisant telle phrase jaillies de la main d'un maître, nous les reconnaissons pour nôtres, nous y reconnaissons les tendres pousses dont nous avons étouffé la croissance par manque de foi dans notre propre force, dans nos propres critères de vérité et de beauté. Tout homme qui laisse la paix descendre en lui, qui s'abandonne face à lui-même au désespoir de l'honnêteté, trouve la force d'émettre de profondes vérités. Nous coulons tous de même source. Aucun mystère ne dérobe l'origine des choses. Nous participons tous de la création, nous sommes tous rois, poètes, musiciens: il n'est que de nous ouvrir comme le lotus, pour découvrir ce qui était en nous.

Henry Miller, Sexus

jeudi 11 juin 2009

j'en rêve toujours (rediffusion)

Il se balance, tranquille sur les rails avais-je écrit. Sans doute, sans doute...



C'est une histoire de portes qui s'ouvrent et que l'on ne franchit pas.


C'est une histoire de clés qu'on recherche dans ses poches
trouées.
C'est un moment bien précis qui se situe sur la ligne qui sépare la mélancolie et la joie
qui fait pleurer.


C'est un temps
de grâce

où le paysage change soudain dans les yeux qui alors ne peuvent
que se remplir.



C'est une manière de courage. Regarder en face ce à quoi l'on a longtemps tourné le dos.
Les rêves devenus raisonnables.


C'est un espace terrible, celui où je courrais en chaussettes sur le carrelage, je me suis ouvert le crâne,
maman a crié,

je me souviens qu'il faisait très beau ce jour là et que j'étais contente parce que
je savais marcher.



Retrouvé dans un grenier aux vitres
brisées,
j'avais fumé une cigarette sur ses flancs de bois,
la peinture n'avait même pas disparu,
toujours ce noir aux arabesques vertes jaunes et rouges, aux points bleus,
mon esprit était parti

au ras du sol poussiéreux et je m'étais retrouvée
à califourchon,

me balançant gentiment sur une voie ferrée déserte, je rêve que j'en rêve!!!



C'est une voie ferrée sur laquelle il se balance tranquille, d'un côté
une montagne,
de l'autre
une lande.


On dirait la mongolie faisant face au chili. Il ressemble à quoi votre désert intérieur?



mardi 9 juin 2009

Ederlezi

Dans le noir, l'humidité est plus fortement ressentie.

Couchée sur un rail, tendue comme un fil de funanbule, le métal est froid et trempé. On dirait une cave. Ou alors le dessous d'un pont. On attend le lever du jour . Un marteau résonne au loin et en passant les mains sous la jupe on en fait tomber de la suie.

Comme le Petit Ramoneur. Une échelle suspendue. Un rail vertical qui monte vers le ciel ébène piqué à la machine.
Comme il descendait sec cet escalier. Comme ils descendaient vite.

Pour se cacher dans les caves d'une Venise nocturne et hantée.

Encore la musique. C'est le Roi et l'Oiseau. Qui étire les volutes de violon autour du socle piano.
La bergère et le petit ramoneur s'enroulent dans un tissu couleur de mur et disparaissent. Avalés par les berges humides et sombres.

Du haut de mon échelle, je vois le monde à l'envers. Le monde a la tête en bas. Et tout n'est que lenteur étirée. La suie tombe de sous ma jupe vers le ciel et le remplit. C'est la nuit. Frotter un morceau de craie entre les mains, sortir une machine à coudre, fil blanc et coudre les étoiles et les constellations.

Tête en l'air. Un souffle, une pluie fraîche qui vient laver tout ça.
On recommencera demain.
C'est le matin. Les rails sont froids et humides. L'esprit détendu.

L'herbe ondule doucement. Le ciel est encore gris de sommeil. Toujours le balancement léger du cheval de bois immobile. Le voyage est proche.

lundi 8 juin 2009

Bascule

J'avais senti, il y a longtemps, les contours de la porte devant laquelle je me trouvais.

Qui me restait hermétiquement fermée.

J'avais tourné pendant longtemps, comme un lion en cage, sur cette espèce de paillasson rèche. A tripoter un trousseau de clés dans ma poche. Sachant que la bonne, je ne l'avais pas.

Débordéliser ma vie. Lui trouver de nouveaux bords...

J'ai passé tout ce temps à toucher les contours avec mes doigts, à laisser courir mes mains sur la tranche de mon petit livre, à en compter les pages une à une jusqu'à ce que la sensation s'éteigne là , au bout.
Plus rien n'a de sens et tout est limpide en même temps. Je suis habitée par l'envie. En vie.

J'étais sur un cheval à bascule bloqué en position arrière. Je ne savais pas bien. Bref. Ce n'est pas important.
J'avais peur du comment pourquoi quand où tu es sûr je ne sais pas trop il faut voir...

Et puis je me suis retrouvée de l'autre côté d'une porte grande ouverte sur le Sénégal, le Chili, les rails d'Europe, les pages de mon livre, le négatif de mes photos, les fleurs de montagne, les images vidéos que j'imagine quand j'écoute Marclay, les étagères d'une librairie et l'espace qui sépare mes pieds du sol quand je marche sur mes talons.

Je me suis retrouvée dans un temps nouveau. Un temps auquel j'ai envie de donner une âme. Un temps que je désire habiter comme ça se présente.

Mon cheval à bascule s'est soudain décidé à se mettre en balance.

Il n'y a pas de train sur les rails. Juste une carriole tirée par un cheval à bascule, tout doucement, entre le Chili et le Sénégal, avec dans la bouche quelques fleurs de montagne.

vendredi 5 juin 2009