jeudi 4 décembre 2008

In fusion

Cela fait maintenant plus de 15 jours. Presque 3 semaines. Plus même. Mais le temps est sans importance. Pour réussir des cannelés, les gars, c'est plus de 24 heures de préparation, vous saviez ça? Pour un tout petit gâteau de rien du tout, il faut laisser infuser la vanille 10 heures dans du lait. Il faut laisser reposer environ le même nombre d'heures. Et seulement après ce long entracte, on peut passer aux choses sérieuses. Beurrer le moule. Avec les doigts, j'ai toujours préféré. Puis passer au four. Je suis restée devant ce four pendant tout le temps qu'a duré la cuisson. Je surveillais avec mes yeux, je mesurais la température à l'aune de mon odorat, trempais la pointe de mon couteau et d'un coup de langue, appréciais l'avancée de la cuisson de mes gâteaux.
Il faut du temps pour réaliser un bon gâteau. Il faut s'asseoir, il faut prendre les ingrédients avec les mains, il faut les remuer avec énergie si on veut qu'ils se mêlent harmonieusement, il faut avoir le temps.
Il a fallu fendiller les deux gousses de vanille sur leur longueur avec la pointe d'un couteau, elles ont libéré un souffle sucré que j'ai été incapable d'ignorer. J'ai entendu ce bruit de bulles très caractéristique du lait en train de bouillir, j'y ai plongé la vanille avant d'éteindre la plaque. Les deux bouchons de rhum que j'ai versé dans ce mélange ont aromatisé la cuillère que je n'ai pas oublié de lécher. Le lendemain, j'ai cassé plusieurs œufs, en ai séparé quelques uns (pas suffisamment), ajouté du sucre, le reste de la recette, je l'ai oublié.

... Il faut du temps. Il faut avoir le temps. Pour faire un gâteau. Pour le manger.
Pour tout le reste.
Je n'ai pas le temps.
Je vais le prendre.