jeudi 20 novembre 2008

Et sans cesse... écrire

Il faut écrire pour ne pas oublier. Fixer sur un négatif ce qu'il y a eu de positif. Imprimer dans les lignes, les virgules et les traits, ce qui un jour a existé. Et retrouver dans l'après, l'impression d'une réalité. La preuve.

"Il t'en faudra du temps pour te dire que tu ne t'es pas trompé"


Cette phrase, je l'avais oubliée.
Il faut inspirer profondément avant d'ouvrir les yeux à ce qui n'est pas encore.

Je crois que les correspondances physiques ne s'expliquent pas.
Je pense à sa façon qu'il avait de me glisser sa langue dans l'oreille, sur l'oeil, dans la bouche. Nous ne nous comprenions pas. Et pourtant mon corps.
Garde l'empreinte de son passage.
Les corps ont leur propre langage.
Une langue passée sur mon oeil.
Ma langue passée sur un torse. Laisse une trainée de poils sombres hérissés.
Le langage des corps, un battement sourd et nerveux. Tendu vers l'avant.
Il faut inspirer profondément avant d'ouvrir les yeux à ce qui n'est pas encore.

Le langage de la tête, en envolées et lignes de fuite. Nerveux aussi. Rejeté en arrière.
Il faut expirer profondément avant de fermer les yeux à ce qui a été.
Et sans cesse... écrire.

"Vous me rendez à moi-même, parce que vous ne vous laissez pas posséder".

J'écris en silence devant les arbres jaunes.