mercredi 5 novembre 2008

La jeune femme et le renard





Parfois, au bout d'une vibration...
Un mot, une intention. Un désir.

Comme plongée dans le noir d'une eau profonde, on se sent le bout des doigts gelés et le ventre frissonnant. La ceinture. De chair de poule.
L'esprit raisonne. C'est le froid.
L'âme répond. C'est autre chose. Une intention.

J'ai vu le petit prince s'avancer vers moi, son écharpe. Sa main avancée vers le déséquilibre. De l'avant.
L'esprit raisonne. Avant quoi?
L'âme répond. C'est toujours avant que l'on ressent le déséquilibre. Avant. Une intention.

Le renard est grimpé dans l'arbre. Le petit prince, le nez en l'air, a joué du bout des doigts avec le plumeau roux. A portée de sa main ouverte. Le renard se balance.
L'esprit raisonne. Le regard vers le bas.
L'âme répond. Je lui caresse la main. Une intention.

Comme flottant dans une gangue humide, on repousse de ses mains les parois. On pousse. On sort. De son propre ventre.
L'esprit raisonne. C'est la fatigue.
L'âme répond. C'est autre chose. Une intention.

J'ai observé le petit prince. Il essaye de me parler pour me faire descendre. Il disparait pendant longtemps. J'attends qu'il revienne. Je cherche sa main avancée.
L'esprit raisonne. Sa main?
L'âme répond. Pour la lui lécher. Une intention.

Le renard est descendu de l'arbre. Il a trouvé au sol un pétale de rose. Il a suivi la direction. Le petit prince n'était pas loin. Le renard s'est lové au creux de ses jambes. La main du petit prince a effleuré l'échine. Une larme.

L'esprit questionne. Pourquoi?
L'âme répond. Le plaisir. L'envie de recommencer. Et dans sa main une rose. Une griffure.

L'esprit dit Attention.
L'âme en désaccord. Ne sait que répondre.