mardi 28 octobre 2008

F.

Elle arrive. Ma douce amie venue des hauteurs. Elle descend. Je ne vais pas tarder à monter, je crois. J'aurai bientôt terminé de tourner en rond gris, vue sur asphalte, rien dans les mains, rien dans la bouche -dommage.

Je traverse la rue à pied en cavalant comme une damnée. A la poursuite...? Et puis ralenti, fondu sur les cheveux envolés et trempés de pluie sale. Le visage s'éclaire un peu sous la lueur mouillée d'un réverbère. Elle arrive. Et avec elle, les souvenirs de la montagne aux fleurs de camomille et au torrent gelé où nous nous sommes baignées en négatif noir et blanc. Avec la ville, je quitterai le numérique. J'essaierai d'apprendre à développer mes propres photos. Je traquerai l'erreur comme à la recherche d'une amie longtemps mésestimée.

Contre-plongée sur le visage qui se lève vers les gouttes noires. J'inspire. Bientôt. Je prendrai des goulées d'air chargées de mousse verte et je mangerai l'écorce des arbres. Elle arrive. Et avec elle, le rappel de ce que je me suis promis. Changer d'air, changer de peau. L'âme commence à muer. J'aurai peur du noir le soir. Un truc normal. Parce que, où j'irai, les nuits seront sombres. Comme elles l'ont toujours été. Je me shooterai au silence vivant du vent sur les cimes.

Elle arrive. Et bien que l'heure ne soit pas encore venue, l'envie de repartir avec elle est grande.
Bientôt.