lundi 20 octobre 2008

Les hasards de la culture ou speed dating avec une icône de la contre-culture

Il y a comme ça de ces hasards qui vous ensoleillent une morne journée.

Si je remonte à environ deux ans, c'est une ballade avec mon amie L., nous visitions Ron Mueck, c'était le dernier jour. Un monde fou. Ceux qui sortaient de la visite remontaient la file d'attente exhortant les impatients prêts à faire demi-tour de rester, tant cette exposition était bouleversante. Et elle le fut.

Nous avons ensuite remonté le boulevard Raspail, tourné la tête vers une galerie qui consacrait une exposition à Willy Ronis. La vie est une farceuse et le vieil homme était dans la galerie. Nous sommes entrées, il y avait peu de monde. Nous avons eu la chance de discuter près d'une demi-heure avec ce vieux génie qui nous a dédicacé un ouvrage.


J'ai appris il y a deux jours que Denis Hopper avait été un proche de la Factory, qu'il était peintre et photographe (un merveilleux photographe), qu'il avait "co-signé" un ready made avec Marcel Duchamp, que La fureur de vivre était son premier film en tant que comédien et qu'il avait permis à de nombreux rappeurs de voir leur notoriété littéralement exploser grâce à son film Colors.
L'exposition qui lui est consacrée n'est pas de celles qui font pleurer comme le fut celle de Ron Mueck. Cependant, elle est de celles qui font réfléchir, qui permettent de balayer du regard un demi-siècle de culture américaine, culture politique, artistique et sociale, qui donnent à voir le désarroi d'un monde en mal de création nouvelle et qui paradoxalement fut à cette période l'un des espaces les plus inventifs et les plus créatifs au monde. Cette exposition est de celles qui instruisent sur les mutations d'une société, de sa jeunesse, de ses dirigeants, de ses mythes.
Cette exposition rend hommage à un artsite complet et talentueux, soucieux de son époque , de celles qui l'ont précédé, et de celles qui vont suivre.


La vie est une farceuse. Dans le hall d'entrée, une odeur de cigare est venue chatouiller agréablement mes narines, ainsi que ma curiosité. De la fumée? Dans un lieu public?!!
Réprimant un jubilatoire sourire, j'avisai le nombre inhabituel de personnes massées devant la librairie.
Il était là... Denis Hopper himself, moins fringant que sur sa moto,* moins flippant qu'après ses inhalations de gaz**, un énorme cigare posé sur une soucoupe, souriant, signant les catalogues se laissant prendre en photo...

Je n'ai pas pu résister... J'ai acheté le catalogue (excessif mais, on ne se refait pas...), j'ai grillé tout le monde dans la file (inexplicable mystère), j'ai posé, tremblante, mon pavé dans sa mare (de thé au jasmin). Il a signé le catalogue. Puis aussi, dans un sourire, a écrit "Love"(autant dire un mot gentil, quasiment une déclaration!!) sur l'un de mes cahiers, puis m'a fait un clin d'oeil avant de me laisser filer.

Parfois, je suis une groupie.

En plus, quel bel homme...



*Easy Rider, fastoche...
** fastoche aussi, devinez, devinez...