lundi 6 octobre 2008

Derrière le mur

Un jour, je serai ce que je veux.


Un jour, je serai une idée qu'aucun glaive ne porte.
A la terre désolée, aucun livre...
Une idée pareille à la pluie sur une montagne
Fendue par la pousse d'un brin d'herbe.
Et la force n'aura pas gagné,
Ni la justice punitive.


Un jour je serai ce que je veux.


Un jour, je serai oiseau et, de mon néant
Je puiserai mon existence. Chaque fois que mes ailes se consument,
Je me rapproche de la vérité et je renais des cendres.
Je suis le dialogue des rêveurs.
J'ai renoncé à mon corps et à mon âme
Pour accomplir mon premier voyage au sens,
Mais il se consuma et disparut.
Je suis l'absence. Je suis le céleste
Pourchassé.


Un jour, je serai ce que je veux.


Un jour, je serai poète
Et l'eau se soumettra à ma clairvoyance.
Métaphore de la métaphore que ma langue
Car je ne dis ni n'indique
Un lieu. Et le lieu de mon péché est mon alibi
Je suis de là-bas.
Mon ici bondit de mes pas vers mon imagination...

Je suis qui je fus, qui je serai
Et l'espace infini me façonne, puis me tue.


Mahmoud Darwich, Murale