lundi 29 septembre 2008

Une toute autre vie, Part 1

L'allure était folle, du genre qui donne la nausée. Et qu'est-ce que je fais ici, comme question récurrente. L'allure était folle, du genre à ne plus distinguer aucun détail du paysage filant derrière les vitres. Un grand flou. Une envie de vomir ma tête comprimée par la question "qu'est-ce que je fais ici?".
Le cheval à bascule, retourné sur le flanc, hennissait, ne recevant pour seul écho, que la sonnerie des portes de métro se refermant dans l'obscurité chaude des tunnels souterrains.
Les couleurs dorées de la montagne s'étaient ternies, perdues dans un brouillard tristement épais.

J'ai ouvert la porte du train, les gonds rouillés ont cédé sous la pression de mes bottes, je me suis cassé tous les ongles, mes cheveux ont été arrachés par la puissance du vent engouffré. Le vent a séché les larmes qu'il faisait monter à mes yeux.

Je ne pouvais plus respirer. Une envie de dormir pour fuir la question "qu'est-ce que je fais ici?".

J'ai empli mes poumons d'air. J'ai fermé les yeux. J'ai sauté du train.