vendredi 5 septembre 2008

Odore di femina

Il fallait comprendre que l'impatience, à cette heure était plutôt de mise.

Même si... Chut!

D'un coup de crayon noir sous la paupière, j'avais tiré un trait d'encre sur toute cette histoire. Et mes mains farfouillant nerveusement dans le tiroir à dentelles trahissaient l'exact opposé. Pas de trait tiré en gras, tu passes à autre chose fillette, non ça non, mais un voile transparent couleur vieux rose, qu'on enlève sans aucun problème, avec une feinte délicatesse, ou qu'on arrache avec avidité... Plutôt.

La poudre dorée irisant le pinceau s'est déposée par un geste ample et habitué de ma main droite, dessiner le chiffre 3, partir de la tempe -léger, léger- insister un peu plus sur la pommette et descendre. Three times....

Mais avant, il y a eu la douche. Quel savon? Je vais essayer jasmin, tu crois?
Il y a un grand miroir qui couvre toute la longueur de la pièce. Alors, demander à ma jumelle aux cheveux plaqués en arrière par l'humidité: quel savon tu penses?

J'ai cherché du courage et du calme dans mon regard inversé, dans mon corps symétrique, je m'envoyais des sourires qui ne me rassuraient pas mais m'assuraient pourtant que la voie vers le jasmin était la bonne. Et puis que jasmin, ça s'harmonise bien avec l'eau de toilette au gingembre.

Et un clin d'œil par dessus le marché, parce que, quitte à se jeter dans les yeux du loup, autant y aller la tête haute, le sourire ravageur et le décolleté crâneur.